jeudi 29 novembre 2018

Toi aussi tu surbookes les plans ?

La première fois que j'ai connu découvert le surbooking, c'était à l'hôtel. je n'ai pas compris de quoi il s'agissait en fait mais toujours est-il que le petit hôtel classique que j'avais réservé s'est transformé en auberge ambiance XIXe rustique campagnard avec des lits et armoires comme il y en avait chez la Veuve noire. J'avais rendez-vous avec tu-te-reconnaitras-si-tu-me-lis-encore-mais-je-ne-crois-pas-que-ce-soit-le-cas. Nous étions partis sous la pluie pour quelques centaines de mètres vers l'hôtel de remplacement qu'on nous avait fourni. J'ai le souvenir d'une belle nuit et d'un petit-déjeuner au lit. La deuxième, c'était avec une compagnie aérienne. On nous avait transporté en taxi vers l'aéroport le plus proche pour récupérer un autre vol vers Paris. Évidemment, je ratai toutes les réunions du matin. Une compagne d'infortune, hôtelière de son état, m'avait expliqué la pratique du surbooking, efficace pour augmenter les taux de remplissage et qui laisse rarement sur la paille. On trouve toujours de bonnes excuses, sans avouer la chose, et on laisse penser au client qu'on se démène pour lui trouver des solutions. Passé le premier désagrément, on est la plus part du temps ravi d'autant d'énergie déployée à nous satisfaire. du moins tant qu'on ne connait pas la pratique.

mardi 27 novembre 2018

La première fois que j’ai senti d’aussi près le corps d’un homme...

...dans le métro.
Je me suis souvenu de ce que racontait un collègue de bord il y a bien longtemps . Un petit gars tout fin, un titi parisien gouailleur qui nous disait comme il affriolait les bourgeoises dans le métro, sans rien faire en particulier. Il sentait leurs mains passer l’air de rien sur son torse ou sur ses fesses, s’excusant à peine de leur soi-disant maladresse. Souvent un sourire suffisait. Lui ça le faisait rire et sans doute fantasmer un peu.

dimanche 25 novembre 2018

Sortir du brouillard

J’ai expliqué pourquoi j’avais pris cette décision Pendant mes explications j’ai vu son regard. Il était étonné. Elle m’a demandé : qu’est-ce que tu as comme formation ? Ça m’a désarçonné. Comment lui expliquer. Mon raisonnement n’avait rien à voir avec ma formation. J’ai commencé néanmoins à lui répondre et j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de lien. Je lui ai alors demandé alors pourquoi elle me posait cette question.
J’ai commencé ce billet il y a quelques semaines. C’est le trou noir. Je me souviens très bien de ce moment sur un plan émotionnel. Mais pour le moment, j’ai oublié totalement le contexte : quelle décision, avec qui je parlais. Cela peut paraître inquiétant mais on ne peut pas se souvenir de tout*. Et ce sont bien les émotions qui laissent des traces. Le sujet a d’autant moins d’importance que je ne vais pas donner les détails ici.

jeudi 22 novembre 2018

Ma première soirée cagoule

J’étais arrivé à Paris en tout début de soirée, dans un quartier inhabituel où je n’avais pas dormi depuis cette époque où je retrouvais Pio dès que possible. L’appartement était agréable mais j’avais vraiment galéré pour le trouver. J’avais dû procéder par déduction l’étage et la porte. Il n’y avait pas d’indication au rez-de-chaussée, pas de nom ou de numéro sur les portes. Mon logeur n’était pas joignable. Je me précipitai dans les toilettes car ma vessie n’en pouvait plus. C’est un peu le problème quand tu es obligé de boire plus d’eau que ton organisme n’en réclame officiellement.
Je n’avais pas le cœur à me remettre à travailler. Pas de rencontre en vue non plus. Je gagnai la Mosquée de Paris pour prendre un bus qui me conduirait quelque lieu amical. J’hésitai sur la destination finale. Mais on était lundi, l’Entre-deux-eaux allait être désert. Je choisis l’Impact. Bien m’en a pris !

dimanche 18 novembre 2018

La vie en jaune

Je devais traverser une partie de ma belle campagne. Cent cinquante kilomètres d'autoroutes et de route dites à grande circulation. Il n'y avait pas un rat mort. C'était samedi certes mais "les gens" avaient pris peur. A l'entrée de l'autoroute, personne. Plusieurs fois des croisé des gilets jaunes échoués sur le terre-plein central. Informes. Retenus par les pieds de la barrière de sécurité, sinon le vent les auraient emportés bien plus loin. J'ai roulé un peu trop vite.  J'avais peur d'être en retard en cas de barrage en dur. Ma conscience écologique m'a un peu tiraillé mais je roulais pour une bonne cause. Sinon, tu comprends bien que je ne serais pas parti un jour pareil. A la sortie de l'autoroute, une haie d'honneur pour me guider vers le seul portique ouvert, barrière dressé. Waze m'avait annoncé "péage gratuit". Un véhicule de gendarmes surveillait la bonne tenue des opérations. Des femmes et des hommes debout le long des cônes de Lübeck, d'autres assis sur le péage. Des sourires. J'ai répondu à leur salut. Un peu plus loin, à un grand carrefour, un vrai barrage filtrant. En vrai, c'était surtout les locaux qui s'arrêtaient discuter avec leurs potes manifestants. Ça devenait long mais un véhicule de pompier sirène hurlante nous a débloqué. A la sortie de l'agglomération, j'ai pris un stoppeur. J'ai reconnu tout de suite un décroissant. Non pas aux cheveux longs, mais à l'odeur. Moi aussi je suis partant pour stopper la croissance, mais je vais avoir du mal s'il faut réduire le nombre de douches. Il était en colère. C'était un peu confus. Il en avait après Macron et aussi les Gilets jaunes. Pourquoi étaient-ils réellement sur la route ? Là, maintenant. Il était troublé aussi. Moi qui n'avait pas de gilet jaune sur le tableau de bord en signe de solidarité, je m'étais arrêté pour le prendre en stop. Aucun des solidaires ne s'était arrêté. C'est parti sur la politique, nos choix et non-choix. Notre part de liberté, de quoi était-on prisonnier. Par exemple, dans quelle mesure l'est-on des choix des gouvernements des années 60-70 avalisés par nos parents (le tout-voiture-individuelle et le modèle de développement associé) ou libres encore de tout envoyer péter individuellement sans passer par reconstruire collectivement un truc cohérent ? Je restais assez prudent, je le trouvais un peu inflammable et en vingt kilomètres, on n'a pas le temps de faire thèse-antithèse-synthèse, tu sais le modèle français en trois points, à la fin de l'envoi je touche. Et puis il revenait sur le fait que je me sois arrêté. Il n'osait pas dire, que j'étais peut-être trop lisse, modéré, bien propre sur moi. Marrant. Je ne lui ai pas dit que si j'avais gardé les chevaux aussi épais que lui, ils seraient aussi longs que les siens. A la fin ça a viré complotiste, ceux qui dominent le monde, les industriels et financiers, voudraient réduire la taille de la population planétaire 500.000 millions d'individus. Pas plus. Il était étonné que je ne sache pas de quoi il parlait. J'ai réalisé plus tard.
Nouveau barrage. Ceux-ci, ils voulaient que j'exprime ma solidarité en posant mon gilet jaune sur le tableau de bord. Je ne savais pas où il était. Ils ont fini par me le trouver, dégoulinant de la poche-viche-poche à l'arrière du siège passager. Je l'ai fait. Je n'étais pas très solidaire, plutôt compatissant. Mon point de vue est que la hausse du prix des carburants fossiles est inéluctable. Les Verts la préconisent depuis très longtemps d'ailleurs. Déjà Dominique Voynet dans la gauche plurielle de Jospin. Mais tout ça se prépare et les gouvernants s'y prennent comme des manches. Quant aux individus et la liberté de rouler... Pour une fois j'étais d'accord avec Chevènement, le matin même sur Inter. Ne pas confondre individus et citoyens.
Ils ont été sympas mes Gilets jaunes, ils m'ont conseillé comment éviter les barrages suivants. Je savais le faire, mais c'était vraiment cool de leur part. Devant, un individu automobiliste s'est impatienté et a démarré trop vite, déstabilisant une moto citoyenne qui s'était arrêtée trop près. J'ai lâché mon individu décroissant, se confondant en remerciements bouleversés, un peu plus loin.
Quelques décamètres plus tard, j'ai chargé un randonneur à gros sacs qui rentrait d'un périple touristique. Il avait voulu voir Vesoul tout seul. Il avait aimé, le paysage prodigieux depuis les anciens remparts l'avait subjugué. Nous vivons dans un pays magnifique.  On a parlé de ça. Il n'y avait plus de Gilets jaunes.
J'ai fait mon job dans un cénacle de (dé)croissants verts. Le véganisme rodait dans les travées. Ça va être difficile de trouver un modèle partagé.
Au retour, la voie était libre. J'ai fait un arrêt sur l'aire où j'espère toujours revoir Patric. On m'a suivi dans la grande boucle. J'ai stationné un moment mais je ne suis pas sorti. J'ai repris l'autoroute. Au péage, dans la nuit, soudain les derniers Gilets jaunes sont apparus et m'ont fait signe. L'un deux avait une pile de tickets dans la main. La barrière était ouverte. Il récupérait les tickets en fait, on pouvait passer sans payer. Apparemment Vinci soutenait la manifestation. Je n'ai pas tout compris. Mais je n'avais pas de carton gris, je voyage en télépéage. Il était tard, j'allais avaler un bol de soupe avant de m’effondrer pour une nuit sans rêve.

jeudi 15 novembre 2018

Le mâle alpha

http://www.rajelouness.com/contrapposto-posture-du-corps-male-dominant/
Il y a eu ces signes que j'attendais et qui ne vinrent. Il y a eu Charlie une nuit d'étreintes magnifiques. J'ai peur de me brûler une fois encore. J'ai peur de le brûler aussi. Je m'abstiens. Je préfère retourner au sauna, croiser des garçons sans lendemain.

samedi 27 octobre 2018

Sac de mec

https://sac-bandouliere.fr/
Une lime à ongle rouge et blanche.
Un sujet de gâteau des rois (une fève si tu préfères), c'est une femme à genoux les mains posées sur ce qu'on pourrait imaginer comme un coussin rouge.
Un dé à coudre.
Un taille-crayon, pour un crayon de taille normale.
Un porte-clés avec une voiture démodée à cinq portes.
La clef du bureau.
Deux clés USB.
Des tickets de métro parisien.
Deux feutres pointe-fine, un bleu et un rouge.
Des cartes, bancaire, vitale, mutuelle, club Total, SNCF grand voyageur, train-métro de ma région, une seule carte de fidélité, la carte de mes dernières lunettes mais je vois à l'instant que la puissance des verres n'est pas inscrite
Un carnet de post-it de plusieurs couleurs flashies.
Carte d'identité, permis de conduire.
Le badge du dernier séminaire
Mon dernier bulletin de salaire.
Des tickets-restaurant.
Un carnet de chèque.
Deux facturettes de paiement par carte bancaire.
Une fiole d'huile essentielle de lavandin.
Un cordon de charge de meilleur téléphone du monde et les écouteurs.

dimanche 14 octobre 2018

J'ai essayé le Carrousel du Louvre

https://www.streetpress.com/sujet/89032-dans-les-buissons-des-jardins-gay-du-louvre
Quentin Mallet reparlait cet été du Carrousel du Louvre, Matoo rebondissait pour évoquer ses propres souvenirs en titrant sur cette phrase de Quentin qui passera sans nul doute à la postérité pour évoquer cette période troublante que nous vivons. "Baiser au Louvre, c’est baiser Paris, c’est baiser Macron, c’est baiser la France."
Curieusement, je n'avais jamais noctambulé en ce lieu. Y accoster me paraissait moins évident que de s'échouer sur une aire autoroutière. J'avais pourtant exploré l'endroit en plein jour, je crois que c'était l'année dernière en revenant de la rencontre avec Gaspard Noël au salon d'automne. J'avais traversé le jardin des Tuileries, passant l'arc du Carrousel je m'étais laissé aller à quelques repérages.

mardi 9 octobre 2018

En attendant un signe

Je venais de finir un roman. Le deuxième maillon d’une série de six dont j’en avais lu quatre dans le désordre ou plutôt un ordre différent de celui de la chronologie de la trame de fond.
Je n’arrivais pas à garder ouvert le livre suivant. Un autre auteur. J’aurais préféré dévorer les deux éléments manquants. Mais il fallait que je passe à la librairie.

lundi 8 octobre 2018

Mystérieuse randonnée

La fréquentation de ce blog est pour moi globalement un mystère. J'ai parfois essayé de comprendre pourquoi certains posts étaient plus lus que d'autres et vice-versa. J'ai quelques explications pour des billets très personnels et peut-être pas assez sexuels, mais même sur ce critère les écarts ne sont pas toujours très compréhensibles. Ce n'est pas très grave, j'écris ce qui me chante et tu lis ce que tu veux.

mardi 2 octobre 2018

Autoportrait

Norman Rockwell, Triple Autoportrait, 1960
Il fut un temps où il était plus compliqué de partager des images. Nous osions moins aussi. L'image est souvent une matière brute et ingrate qui peut mal refléter la réalité. Alors on se décrivait. Une manière plus littéraire de s'aborder. Cela ne marchait pas avec tout le monde. Il faut écrire quelques lignes...
Je me suis prêté au jeu, il y a quelques jours. Ça donne ça...

lundi 1 octobre 2018

Cher Basile

Je t’écris ici. À quoi bon t’envoyer cette lettre. Ce serait sans doute retourner un couteau dans une plaie réciproque.
J’aurais aimé des garçons sans rien pouvoir leur donner en retour. Ou si peu. Du moins pas ce qu’ils étaient en droit d’attendre.

dimanche 16 septembre 2018

Perfection

Théo & Hugo dans le même bateau
J'avais rendez-vous avec Camille, le garçon aux doigts de fée. J'imaginais mon arrivée dans son appartement, un lent déshabillage pour aller tranquillement à la découverte de nos corps.
Il me recevait à titre exceptionnel car ce n'est pas dans ses habitudes. Son colocataire étant absent, il avait eu envie de déroger à ce petit principe.
Nous avions rendez-vous en plein milieu d'après-midi, j'avais prévu de le rejoindre après le diner qui suivait un séminaire professionnel. J'avais un peu de marge et je pensais l'attendre dans un bar en bas de chez lui. Mais les horaires du matin ont explosé, on a diné en début d'après-midi, j'étais coincé par les civilités et aussi l'empathie que j'ai pour certains collègues. Je ne sais pas partir par les portes dérobées...

mercredi 5 septembre 2018

Oublier Régis

https://www.pinterest.fr/pauleenheath/flowers-i-love/
Suis-je resté autant silencieux ? Je ne sais le dire en réalité. J’ai oublié. Je ne me souviens que de cette perception d’un vide sidéral. Peut-être un lien avec cette angoisse récurrente que j’ai déjà décrite.
Mais delà de la sensation du vide, je ressentais la situation comme une violence. Je la trouvais d’une cruauté sans nom. Voulait-elle me dire quelque chose ? Attendait-elle un cri ? Un autre type de réaction ?

mardi 4 septembre 2018

L'autre Régis

http://www.bureau-guides-luchon.com/activites/courses-rocheuses-pyrenees/
Fidélités ou loyautés ? J'avais pris prétexte de la réplique "j'ai couché avec Régis" dans Eva pour évoquer une première fêlure. Voici la deuxième...
Je me souviens de la petite cuisine. A l'époque, on parlait de cuisine intégrée. Je ne sais pas si on utilise encore ce terme. Les autres cuisines relèvent d'un monde antédiluvien, d'avant le déluge de biens de consommation.
Ça se passait dans la cuisine.  Je crois qu'on avait fait diner les enfants. On ne prenait pas encore le repas avec eux, vu leur âge. Ils étaient peut-être couchés ou jouaient dans le séjour.

lundi 20 août 2018

Trahison

Les petits mouchoirs. Film de Guillaume Canet
Cécile a découvert que son mari a une double vie sur le net. Une double vie sous pseudo où il exprime des sentiments et des opinions très différentes de ce qu'elle connait de lui. Un monstre.
Extrait de Les loyautés...

samedi 18 août 2018

Les loyautés

"Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres - aux morts comme aux vivants -, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont ignorons l'écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d'ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.
Ce sont les lois de l'enfance qui sommeillent à l'intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.
Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves."

mercredi 15 août 2018

Séries #2 Jules

(c) Freepik, https://fr.freepik.com/photos-libre
Et pourquoi pas Jules donc ! Ici évidemment tous les prénoms ont été changés, ou presque. Il y a parfois des indices criants pour qui saurait trouver. J'écris trouver et non chercher. Chercher en soi n'a guère d'intérêt, les troubadours l'avaient bien compris et je connais assez le monde de la recherche pour ne pas me tromper de mot.
J'aime beaucoup ce prénom inusable. Pourtant, je ne l'ai encore jamais donné à l'un de mes hommes. Autrement dit, je n'ai jamais eu de Jules.

jeudi 2 août 2018

Séries #1 Jim

Je suis parti quelques jours. Je ne t'enverrai pas de cartes postales. Pas d'ordinateur, seulement un téléphone portable sur lequel je n'active pas les données à l'étranger.
Je prends quelques instantanés à l'occasion.
Mais je ne vais pas te laisser seul pour autant.
C'est l'occasion de quelques best of, non pas le meilleur de ce blog - je te laisse seul juge - mais des choses que j'ai envie de de relier.
Où je me souviens de Jim.

mardi 24 juillet 2018

Homo, boulot

Je suis toujours vigilant dans le contexte professionnel à gérer mes émois et ardeurs pour les garçons qui me plaisent. Je ne sais pas ce qui transparaît réellement. J’ai peut-être parfois des excès d’empathie. Comment sont-ils interprétés ? Y voit-on l’effet d’une attirance physique ou simplement celui d’une connivence intellectuelle ? J’ai constaté pour autant que tout le monde ne se réfrénait pas vis-à-vis à moi. Ça m’a toujours surpris voire mis mal à l’aise.

dimanche 22 juillet 2018

La queue de Lloris

Finalement, je l'ai regardée.
Basile a salué ma force mentale : je n'avais résisté que 15 malheureux petites journées à la footballmania... Mes arguments étaient minces, il fallait que je sache un peu de quoi on allait parler et me parler aussi, parce que j'ai une vie sociale et que comme le dit Fabienne Sintes, il n'y a pas des milliards d'imbéciles...
J’avoue que j'ai même regardé la descente des Champs...
Je suis toujours sensible à la
liesse populaire et que le foot ait remplacé la place de Grève, c’est quand même déjà ça...

samedi 21 juillet 2018

Préludes

Avec Basile, l’aventure avait commencée trois semaines auparavant. Son profil m'avait accroché plusieurs fois. Il était illustré simplement par quelques photos de parties du visage. Le menton était séduisant. Un soir, son visage, très beau, apparaissait en entier.  Je lui parlai. Il répondit. Je regrette de n'avoir pas conservé le dialogue. J'en ai gardé de plus récents mais pas celui-ci. Des résonances immédiates. Des points communs. Nous avons parlé plusieurs fois ainsi longuement. J'aime ces démarrages où il n'est pas question de sexe. Il avait un style très littéraire et précieux, un langage très châtié, au vocabulaire parfois désuet, et tantôt un parler spécifique, par ses caractéristiques géographiques, qui m'était inconnu, tout en relevant du même fond vernaculaire que le mien. Tout cela sur fond de rivalité citadine immémoriale que nous traitions au second degré comme peuvent s'amuser deux personnes de Nantes et Rennes, Nancy et Metz, Aix et Marseille, Toulouse et Bordeaux, Clochemerle et Trifouilly-les-oies...

mardi 17 juillet 2018

Partage tactile

Le billet de Yann Orpheus sur la conquête de ce petit espace vital qui sépare deux places contiguës dans un avion m'éveille quelques petits souvenirs d'incivilité du même ordre. La plupart du temps le malotru est en col banc. C'en dit long sur l’état d'esprit des rois de la cravate. Une dame pipi me disait l'autre jour que les délinquants des sanitaires publics ne sont pas les plus mal habillés.
A l'époque où je prenais souvent le train  pour aller et venir vers la capitale, je croisais régulièrement cet esprit de conquête sans en être pour autant arrivé aux mains.

vendredi 13 juillet 2018

Le garçon aux doigts de fée

Comme Orlan, j’ai pu voir l’origine de la guerre dans le sexe des hommes. Je me souviens par exemple de cette allusion sordide de ce chef de service qui pensait qu’il aurait raison de moi pour avoir la plus grosse.
Je fus fasciné par la beauté paisible du sexe de Camille dans son écrin de peau douce et brune et cette prairie de soies noires soigneusement entretenue. J’en rêve encore et j’ai hâte de retrouver ses douceurs.
La première fois, Camille m’attendait sur un bloc de granit rose, sous la belle lumière que renvoyait du soleil la façade de brique. Je l’ai capté quelques fractions de seconde avant qu’il ne tourne la tête et me sourit.
Il avait attendu trois bons quarts d’heure. Il avait été déçu de voir filer le temps sans aucune nouvelle. Mais j’étais là maintenant et cela lui suffisait. Nous nous sommes embrassés sur les deux joues.

dimanche 1 juillet 2018

Glanes #33 Panthéon

Depuis que je suis rentré chez moi après quelques jours d'absence mercredi dernier, ça sent diablement le foutre.
Les châtaigniers sont en fleurs et exhibent fièrement leurs chatons mâles. La floraison du cerisier ou du pommier est pour moi un ravissement des yeux, celle du châtaignier te prend aussi au bas-ventre.
Je m'attendais à un billet de Celeos pour célébrer l'explosion castanéale du pays taiseux. Mais ce jean-foutre a choisi cette semaine pour tirer sa révérence et arrêter son expérience bloguesque. Cher ami, je t'ouvre illico le Panthéon de mes chers blogs disparus, avec toutes mes pensées pour simple éloge.

dimanche 24 juin 2018

And the winner is...

Il est temps que je te donne le résultat de mon super sondage en ligne qui a obtenu le taux de participation de 8,2 % des lecteurs du billet. Oui, ce n'est pas beaucoup mais j'en déduis surtout que mon lecteur type n'est ni people, ni fleur bleue. Arf...
Je relève ensuite que nous avons à peu près les mêmes goûts. J'ai quand même un petit déchirement pour Cillian Murphy qui n'obtient même pas un succès d'estime (moins de 10%). Mais par contre aucun pour Javier Bardem (1 vote). Quant à Gilles Lellouche et Jai-Z, ce ne sont clairement pas notre genre (0,00 %) ...

Ca devait forcément arriver un jour...

... ou c'est bien connu, en principe les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Quand il m'a contacté, je me suis bien sur souvenu qu'on avait déjà discuté il y avait longtemps. Mais pas plus. Quand j'ai vu ses photos,  je l'ai trouvé très attirant. Une bonne bouille, et surtout un très joli torse effilé qui descendait vers un triangle affriolant.
Il avait déménagé et justement je passais dans sa nouvelle ville. Le fait qu'il ait mon 06 m'a un peu troublé.

vendredi 22 juin 2018

Glanes #32 ma tête et mes jambes

Je ne suis pas toujours gai mais cela ne dure jamais longtemps. La construction de la phrase n'est pas terrible mais on se comprend.
J'ai mal au système, le temps aléatoire m'y tape dessus par ses variations de pression atmosphérique à faire déprimer les vieux, même si je n'ai pas tout à fait l'âge.

samedi 16 juin 2018

Glanes #31 censure

Je ne regarderai pas la coupe du monde de foot. D'abord parce c'est le foot. Ensuite parce que c'est en Russie. En 98, je l'avais regardée. Ça se passait dans une démocratie avancée. La gauche était au pouvoir. Plurielle, même la gauche. On imaginait encore des lendemains qui chantent.
Je l'avais regardé à partir des quarts de finale. Pas plus tôt, il ne faut pas quand même exagérer. Je n'ai jamais aimé le foot, ni y jouer et encore moins le regarder. Enfant, j'étais catastrophé par les hurlements de primate de mon père et de mon frère, fébriles, assis sur le bord du fauteuil quand ils flippaient pour leur équipe préférée. C'est comme cela que je m'étais taillé une réputation de pas sportif.

jeudi 14 juin 2018

A croire qu'il n'y a que ma baise...

Romain Duris et Raphaël Personnaz
... qui t'intéresse.

C'est la deuxième fois que je tente un sondage, hier. La première fois, c'était il y a plus deux ans, j'avais fait un vrai bide. Je n'ai même pas donné le résultat, tu peux aller voir, peut-être que ça me décidera à en reparler...
Ce coup-ci, c'est un peu mieux mais quand même... un peu moins de 10 % des lecteurs du billet a renseigné le sondage qui consiste en une seule question. Et je soupçonne l'un d'entre eux à avoir joué deux fois, avec son pseudo et avec son vrai prénom. Oui, Romain, tu es démasqué...
Et 40 % des joueurs sont restés anonymes, ne laissant même pas un pseudo.
Bon, je te laisse jusqu'à dimanche soir pour participer, avant que je ne donne le résultat.
Je constate d'ores et déjà cependant que nous avons à peu près les mes goûts.
Tu me suis ?

lundi 11 juin 2018

Et toi t'es plutôt qui ?

Je fus plus inspiré et je manque de temps. J'ai quelques billets ouverts que je peine à finir. Et cette putain de pression.
Las. J'ouvre l'Obs. Par la fin. Toujours. Oui j'ai toujours commencé les magazines par la fin.
Comme si dans une autre vie, j'étais voilé et je lisais de droite à gauche.
Je commence par les cahiers d'Esther.
Puis je tombe sur les pages de mode.
Tendances.
Spécial fêtes de pères.
Avec du beau mec.

vendredi 1 juin 2018

Endurances

J’ai ouvert un œil et j’ai vu ta semence jaillir.  
Tu jouis ! Ai-je dit. Excuse-moi j’ai fermé les yeux.
Oui tu étais bien parti, me raillas-tu.
J’étais collé contre ton flanc. Je suis sorti de ma torpeur.
On avait joué un moment. À celui qui tiendrait le plus longtemps. Je voulais être le denier ou au moins exploser en même temps. Mais impossible. De toute façon, il n’était pas question que je jouisse avant toi. Tout était sous ton contrôle.

mardi 29 mai 2018

Arrête ton char

Il y a peu j’évoquais Jours de France, ce mensuel vieille époque où Marcel Dassault tenait une chronique qui s’appelait café du commerce, du nom du lieu où il l’écrivait. L’expression correspond aussi à des propos dénués d’intérêt et de profondeur. Marcel Dassault en tant que marchand d’armes était nécessairement d’un cynisme achevé. Quand il est mort j’ai pu penser que mes enfants encore à venir connaîtraient "un jour de palme et de feuillage au front", ce jour où les gens s’aimeraient, ce jour "comme un oiseau sur la plus haute branche" [1].

samedi 26 mai 2018

Une bonne dégustation

J’avais pressenti que le nu-apéro auquel j’avais été convié serait un lapin. Le contact ne se reconnectait pas. Quant à Willy, qui me drague depuis quelques mois et guette tous mes passages parisiens, il était coincé par un dîner. Il m’aurait bien amené avec lui mais c’était trop tard pour prévenir ses amis. J’avais aussi une négociation professionnelle en cours de résolution pour laquelle je décidai de rester accessible tant qu’elle ne serait pas réglée, même si cela tardait, et pour cause puisque la conclusion fut posée peu avant minuit.

jeudi 17 mai 2018

Un peuple crève, encore un

(c) Mohammed Abed -AFP
Je ne parlerai pas de Gaza parce que ma bouche est desséchée.
Je suis bouche bée devant les horreurs et les politiques irresponsables qui y conduisent. Politiques est à prendre en tant que substantif masculin et féminin mais surtout pas neutre.
Le vent du sable palestinien est entré dans ma bouche ouverte. Il n’en est sorti aucun cri. Celeos dit les choses bien mieux que moi.

samedi 12 mai 2018

Quand les parents s'en vont

Ça m’est tombé dessus soudainement. Je remplissais tranquillement ma brouette. J’ai repensé à ce like intempestif. J’avais mis un statut mi-deuxième degré mi-nostalgique sur mon profil fb, une référence aux marottes du géniteur disparu il y a deux ans. Et puis mon demi-frère a liké « grr... » alors que j’aurai plutôt vu un « triste ». Oui c’est ça la communication aujourd’hui, on échange par petite touche.

mercredi 9 mai 2018

Et celui-ci, trop fort !

Je laisse l'orthographe et la mise en texte originale même si elles me hérissent.
 La headline d'abord : "Traitement aux anabolisants et à la testostérone réussi : bite de 26 X 7 réel! réel! Obligé d'arréter pour ne pas détériorer ma santé;autrement je pouvais avoir une plus grosse bite encore!!! "

mardi 8 mai 2018

Trop bon ce garçon !

Hier Thomas Legrand rediffusait dans ses Bobinos sur Inter un entretien avec Giscard lors d'une visite de l’Élysée. Pour "ressentir l'opinion", il disait s'appuyer non sur les intermédiaires, comme son entourage ou les médias, mais sur ses intuitions personnelles. Ça laisse rêveur..

jeudi 3 mai 2018

Un peu voyeur

J’avais nagé vers l’extrémité de la plage où les rochers tombaient dans la mer mais je n’avais pas eu assez de souffle pour les atteindre. Je marchai alors sur les petits galets ronds qui crissaient et s’enfonçaient sous mes pas. Il y avait peu de monde. J’avais croisé une famille, puis deux hommes, qui bronzaient nus. Je suis arrivé à l’extrémité de la rade. Les rochers cachaient une anfractuosité qui s’ouvrait comme une grande alcôve. Un petit passage dans l’eau permettait de passer dans l’anse suivante. J’ai ôté mon mon maillot de bain.

vendredi 20 avril 2018

Faim de loup

Le billet est parti par erreur, vide et finalement, je n'aurai pas le temps de faire mieux que cette image et ces quelques lignes.

jeudi 19 avril 2018

Rêves d'hommes

Aujourd’hui j’ai rêvé d’un homme, j’en ai même approché un de très près, mais il y avait trop de lumière, le terrain était à découvert et il a pris peur...
J’avais eu de temps de voir le grain de sa peau et d’effleurer son corps.
Il m’a laissé juste des effluves de son parfum qui se sont dissipées peu à peu sur le trajet du retour.
Ils sont comme ça les hommes, ils veulent mais reculent souvent.

dimanche 15 avril 2018

Séductions ?

J’ai trouvé hyper gênante la relation qui s’est installée entre nous. Il était très attirant avec sa petite taille bien habillée dans un costard bleu marine ajusté, un air très jeune mais une chevelure épaisse et courte, poivre et sel qui lui donnait une maturité élégante. Une autorité naturelle se dégageait liée à une expression corporelle qu’on doit sûrement apprendre dans certaines écoles.

samedi 14 avril 2018

Glanes #30 mens sana in corpore sano

L'info date un peu, elle m'avait échappé. La première greffe de tête d’homme aurait réussi. C'est moi qui utilise le conditionnel. Sur l'info c'était au présent*. Les journalistes ne prennent pas toujours le recul nécessaire, on le savait déjà.

lundi 2 avril 2018

Sans concession

Pas d’idées noires derrière le billet d’hier. Simplement des concours de circonstances. Je ne pensais pas revenir sur le sujet mais je viens d’enterrer mon chien. Il n’y avait pas de dépouille. Juste un corps de chien qui a succombé à sa dernière attaque. La maladie n’a emporté que sa vie et la laissé le reste.

dimanche 1 avril 2018

Glanes #29 passe Pascal

Le dimanche Pascal un premier avril, nous n'avions pas connu ça depuis 1956 et avant cela 1923. Ces deux années furent tourmentées sur le plan climatique, ça a bien commencé aussi pour 2018, il faudrait peut-être étudier la coïncidence de près. Et sinon pour remettre ça il faudra attendre 2029 et 2040. Passionnant. Je n'étais pas né, je serai peut-être mort ou déliquescent.
Il me semble qu'on parle plutôt du corps du Christ que de dépouille.

samedi 31 mars 2018

Le prochain amour

Tom Bianchi: Fire Island Pines, Polaroids 1975-1983La ville où je vais souvent est une terre de promesses non tenues. Je compte plus ces paroles frivoles et ces petites mémoires.
Quand je le peux, c’est à dire quand mes contraintes de télétravail le permettent, j’aime prendre le temps de voir un ami, d’aller dîner dans un restaurant de son choix ou prendre un verre avec lui face à un illustre bâtiment.
Mais la plupart du temps, je dois travailler en soirée et je laisse alors la porte ouverte à d’autres découvertes.

vendredi 30 mars 2018

Le deuxième soir

J’avais eu une journée chargée et emplie de quelques émotions lors d’un autre type de reconnaissance que celle reçue la veille. J’étais curieux de partager le dîner de ces deux collègues avec lesquels j’entretenais des relations amicales. La soirée fut fort sympathique mais nous amena assez tard. J’hésitai en sortant à rejoindre l’entre2eaux.

mardi 27 mars 2018

Tu ne douteras point

J’avais quitté l'homme enchaîné. Je remontai alors la rue Montorgueil pour tourner à droite au rocher de Cancale. Le rue Greneta contrastait par son calme. Au carrefour de la rue Saint-Denis j’achetai simplement une banane que je dégustais tranquillement jusqu’au croisement suivant.
Je sonnai, la porte s’ouvrit et je découvris mon ouvreur préféré en tenue légère : une cravate tombait sur son torse simplement couvert sur les flancs par un gilet de costume. Plus bas, il portait seulement un caleçon non ajusté qui à l’arrière laissait la vue sur la racine de ses globes fessiers et l’entrée de la vallée des délices.

mardi 20 mars 2018

Tu resteras enchaïné

Tu imagines, je pense, que je n’ai pas résisté à la tentation. Comment faire quand le hasard s’allie à la nécessité ? C’est le sens même de la vie.

samedi 17 mars 2018

Tu résisteras à la tentation

La tentation de Saint-Antoine, Dali (c) DR
J’avais réservé sur Airbnb dans mon quartier préféré. J’aime à sortir de la station Châtelet-les-Halles par la porte Saint-Eustache et admirer au passage l’église du même nom pour laquelle j’ai quelque affection et qui évoque divers souvenirs, puis remonter la rue Montorgueil si animée, avec son Rocher de Cancale où je dînais d’huîtres un soir avec Lucien, plus calme au petit matin quand je prends le petit-déjeuner au Compas sous l’œil d’un serveur particulièrement charmant.
J’ai trouvé là un petit appartement fort agréable mais dont le loueur est actuellement en vacance. Il m’a fallu trouver autre chose.
La réservation se fait avec une indication sommaire de la localisation. L’on sait après confirmation le lieu exact de villégiature. Je découvrais avec amusement que l’appartement était sis rue Greneta.

mardi 13 mars 2018

Le premier Régis

Des Régis j'en ai connu deux. Deux gars qui m'ont laissé un goût amer. Deux épisodes qui m'ont interpellé sur la notion de fidélité.
Le premier n'y était pour rien.