samedi 21 juillet 2018

Préludes

Avec Basile, l’aventure avait commencée trois semaines auparavant. Son profil m'avait accroché plusieurs fois. Il était illustré simplement par quelques photos de parties du visage. Le menton était séduisant. Un soir, son visage, très beau, apparaissait en entier.  Je lui parlai. Il répondit. Je regrette de n'avoir pas conservé le dialogue. J'en ai gardé de plus récents mais pas celui-ci. Des résonances immédiates. Des points communs. Nous avons parlé plusieurs fois ainsi longuement. J'aime ces démarrages où il n'est pas question de sexe. Il avait un style très littéraire et précieux, un langage très châtié, au vocabulaire parfois désuet, et tantôt un parler spécifique, par ses caractéristiques géographiques, qui m'était inconnu, tout en relevant du même fond vernaculaire que le mien. Tout cela sur fond de rivalité citadine immémoriale que nous traitions au second degré comme peuvent s'amuser deux personnes de Nantes et Rennes, Nancy et Metz, Aix et Marseille, Toulouse et Bordeaux, Clochemerle et Trifouilly-les-oies...

mardi 17 juillet 2018

Partage tactile

Le billet de Yann Orpheus sur la conquête de ce petit espace vital qui sépare deux places contiguës dans un avion m'éveille quelques petits souvenirs d'incivilité du même ordre. La plupart du temps le malotru est en col banc. C'en dit long sur l’état d'esprit des rois de la cravate. Une dame pipi me disait l'autre jour que les délinquants des sanitaires publics ne sont pas les plus mal habillés.
A l'époque où je prenais souvent le train  pour aller et venir vers la capitale, je croisais régulièrement cet esprit de conquête sans en être pour autant arrivé aux mains.

vendredi 13 juillet 2018

Le garçon aux doigts de fée

Comme Orlan, j’ai pu voir l’origine de la guerre dans le sexe des hommes. Je me souviens par exemple de cette allusion sordide de ce chef de service qui pensait qu’il aurait raison de moi pour avoir la plus grosse.
Je fus fasciné par la beauté paisible du sexe de Camille dans son écrin de peau douce et brune et cette prairie de soies noires soigneusement entretenue. J’en rêve encore et j’ai hâte de retrouver ses douceurs.
La première fois, Camille m’attendait sur un bloc de granit rose, sous la belle lumière que renvoyait du soleil la façade de brique. Je l’ai capté quelques fractions de seconde avant qu’il ne tourne la tête et me sourit.
Il avait attendu trois bons quarts d’heure. Il avait été déçu de voir filer le temps sans aucune nouvelle. Mais j’étais là maintenant et cela lui suffisait. Nous nous sommes embrassés sur les deux joues.

dimanche 1 juillet 2018

Glanes #33 Panthéon

Depuis que je suis rentré chez moi après quelques jours d'absence mercredi dernier, ça sent diablement le foutre.
Les châtaigniers sont en fleurs et exhibent fièrement leurs chatons mâles. La floraison du cerisier ou du pommier est pour moi un ravissement des yeux, celle du châtaignier te prend aussi au bas-ventre.
Je m'attendais à un billet de Celeos pour célébrer l'explosion castanéale du pays taiseux. Mais ce jean-foutre a choisi cette semaine pour tirer sa révérence et arrêter son expérience bloguesque. Cher ami, je t'ouvre illico le Panthéon de mes chers blogs disparus, avec toutes mes pensées pour simple éloge.