dimanche 29 novembre 2020

Du lit au lit

Une question à laquelle tu ne t'attends pas lors que tu perds ton premier parent. De quel côté faut-il creuser ? Ils avaient acheté une concession là où personne ne s'y attendait. Les autre solutions étaient obérées par des considérations familiales complexes. Elle ne voulait pas reposer avec la reine-mère, mais aller avec la veuve noire supposait des accords. Lui s'en foutait. Ils choisirent d'aller ailleurs. Je passe sur les détails, les conséquences, comme il le regretta, comme je me promis de les déplacer un jour quand je serai seul à décider si je pars le dernier de la fratrie car nous ne partagions pas la même vision. De toute façon, ils n'avaient pas pris à perpète - ce n'est plus possible je crois - et il faudrait bien décider quelque chose.

samedi 28 novembre 2020

Dans ma bouche

Je l'ai à l'entrée de ma bouche. Une curieuse sensation mais très plaisante. Mes lèvres sur la couronne du gland. Je vois cette queue s'approcher. Je réalise que c'est la mienne. Enfin pas tout-à-fait, légèrement plus grosse et sans doute un peu plus longue pour qu'elle puisse entrer. Mais elle puise bien sa source à mon bassin. Je m'apprête à la prendre plus loin encore quand je vois que la porte de la chambre est restée ouverte. On pourrait me voir. Je me lève pour la fermer.

jeudi 19 novembre 2020

La chute

Je note le souvenir presque fébrilement. Pourtant je la connais par cœur cette séquence qui m'a fait désespérer du monde pour la première fois. C'est la lecture de l'accident de l'enfant dans le roman que je lis qui l'a faite remonter ce matin. Pourtant rien n'est comparable. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Je courais tout le temps dès que j'étais dehors, à tel point qu'on se demandait si je savais marcher. Peut-être serais-je devenu un grand sportif, un coureur de fond. Mais ce jour là j'ai fait un faux pas. Sur le trottoir qui n'en était pas un le long du terrain vague de la petite rue qui menait à l'artère commerçante. Longtemps, le terrain est resté ainsi dans ce quartier où tout se bâtissait, où les terrains agricoles se fondaient à tour de bras dans les lotissements qui accueillait des migrants des campagnes plus ou moins lointaines, des gens qui parlaient avec des accents de divers terroirs occitans qui allaient se fondre eux-aussi dans une vie et une langue normalisées. Pour ceux qui venaient du moins loin, ils reviendraient encore les week-ends chez leurs parents tandis que l'agglomération ferait ville morte livrée à ceux qui avaient plus de deux heures de route pour rentrer et ceux qui n'avaient plus d'attache qu'ici.

dimanche 15 novembre 2020

Avant ou après ?

J'ai sept brouillons en attente, mais aucun ne me tente pour ce matin. Il faudrait que je révise quelques billets que j'ai illustrés par des liens aujourd'hui morts. Il va encore faire beau tout à l'heure, je n'aurai aucune excuse pour rester dedans et rattraper du retard. Oui je sais on est confiné, mais je suis à la campagne. Ne crois pas pour autant qu'on vit la situation sans coup de blues. Comme tout le monde est chez lui, chacun vaque dans son jardin et s'échappe une heure ou plus. Tu vois passer des connaissances toute la journée. On se parle à distance. On évoque ces apéros qu'il faut reporter. 

Je parle avec un ours et soudain ça me déprime. Ce paquet d'ondes négatives que je sens dirigées vers moi sans doute à tort, mais c'est ainsi, je me rend compte que je suis fragile ce matin, je vais gérer en présentiel mais ensuite ça va me prendre toute la matinée. Me remontent d'un seul coup une série d'erreurs - notamment avec l'ours - et d'échecs que j'examine en détail tout en continuant mes activités de nettoyage jardinatoire. 

mercredi 11 novembre 2020

Comment rater la pâte de coing

Comment occuper un 11 novembre confiné alors que tu ne peux même pas aller t'incliner devant le monument aux morts (j'entends Celeos pester dans sa réclusion).

La pâte de coing au magimix (recette originale créée pour l'occasion) est rapide à faire et évite les déboires liés à la cuisson sur le feu (j'inclus dans cette expression tant le gaz que l'induction au prétexte qu'on passe toujours dans les clous).

mardi 27 octobre 2020

Iwak #26 Cacher (hide)

Tu as sans doute remarqué que des blogueurs se sont mis à suivre la fée Kozlika, pour participer à Iwak (Inktober with a keyboard). "Un mois d’écriture sous contrainte à la manière de tous ces dessinateurs qui publient de chouettes dessins sur les Internets." comme l'écrit Matoo. J'aurais bien aimé participer tout le mois, mais tu vois bien que je suis incapable de poster tous les jours. Je crois bien que je suis incapable de reproduction quotidienne à part pour les fonctions primaires, quelques trucs très ciblés comme la douche et les besoins des organismes qui dépendent de moi. Donc j'ai lu la liste officielle des mots et j'en ai choisi un que je me suis promis de traiter. Mais je n'ai pas mis de rappel ni préparé avant - si tu savais tout ce que j'ai en retard, il me faudra une deuxième vie pour terminer tout ce que j'ai commencé, une troisième pour ce que j'aurais aimé faire en plus pendant la première, une quatrième pour les délaissés de la deuxième et de la troisième. Sans doute d'autres s'en chargeront car je ne crois pas en la réincarnation mais plus sûrement en la métempsychose. Évidemment donc, le mot c'est celui du jour qui se rappelle à mon bon souvenir au réveil naturel qui s'offre à moi à quatre heures du matin quand j’ouvre les yeux sur les billets de Matoo et de Tambour-Major. Merci à eux qui j'en suis sûr avaient préparé à l'avance.

samedi 10 octobre 2020

Le régulier

J’aime revenir dans cette belle maison bourgeoise de village. Elle a un air de ferme mais les cheminées XIXe en marbre du pays ne trompent personne. Il m’attend dans son jardin et quand je me gare sur le bord de la route il est là sourire aux lèvres. Nous entrons par la grande porte qui ouvre sur le bel escalier. Sans détour nous montons à l’étage pour gagner sa chambre, la dernière dans l’enfilade des pièces qui se succèdent.

vendredi 9 octobre 2020

Un souffle corse

J’avais parfaitement préparé mon séjour mais comme souvent des grains de sable se sont glissés. Je l’ai déjà écrit, les réservations de gars doivent se faire à la mode hôtelière ou aérienne. Il faut toujours surbooker... mais j’ai la plupart du temps assez de réserves et d’empathie pour ne pas le faire. Malgré tout, j’avais surbooké les deux derniers soirs. Pour le premier, rendez-vous était pris avec un homme qui me pistait depuis longtemps, s’inquiétant régulièrement de mes passages parisiens.

mercredi 7 octobre 2020

J’avais éteint l’étincelle de ses yeux

J'ai repris les chemins. C'est une chose très particulière. De refaire son sac après tout ce temps. Partir tôt, la route seul, puis retrouver des gens pour un bout de trajet, puis finir dans des réunions de bandits masqués. Parler dans un tissu, s'essouffler devant le micro ou peut-être était-ce l'émotion de reprendre la parole en direct. Manger une nourriture industrielle ou quasi et retrouver ses réticences alimentaires. Et le froid dehors car la neige est déjà sur les sommets, et ces portes ouvertes pour assurer un minimum de ventilation. Oui, tout cela est troublant, avec en toile de fond pour certains d'entre nous au moins, le pourquoi de cette agitation, alors que l'on continue à couler dans ce monde qui ne sera pas celui de demain. Il y avait aussi cependant ce sourire qui flottait et finit par m'inquiéter quand la nuit est tombée.

mercredi 30 septembre 2020

J’irai pisser...

J'ai eu bien du mal à écrire ce mois-ci. Je ne sais plus pourquoi j’ai fait cette photo et ce que voulais illustrer avec. Peut-être une référence à Giorgio Armani et son don à la lutte contre la covid. Un bout de moi que je te partage. J'ai eu bien du mal à écrire ce mois-ci. Je réagis à retardement plus qu'à tête reposée.