J’ai voulu écrire ce billet la semaine de la conférence internationale de Paris sur l’intelligence artificielle. Et puis, est-ce sous l’effet de la situation internationale ou de mes autres activités, j’ai délaissé le blog et divers projet d’écriture.
J’avais oublié d’écrire que j’avais généré l’illustration de ce billet de décembre par intelligence artificielle. J’avais demandé à l’outil IA de Google une image figurant Saint-Louis rendant la justice sous un chêne déraciné.
J’avais lu aussi, il y a déjà quelques mois, les expériences de Matoo (dont celle de sa bio qui le déclarait mort), entendu celle d'une émission de radio publique ainsi que l’expérience littéraire sur Mathieu Palain qui conclut : « ChatGPT n’a pas écrit à ma manière. Il a juste trouvé mes phrases sur internet » puis quelques semaines plus tard celle un peu plus confondante avec Le Tellier. Depuis un post sur LinkedIn m’alertait sur l’obsolescence programmée d’Excel ce qui ne manquait pas d’exciter ma curiosité tant je suis fan de son usage. Il était question d’arrêter de s’embarrasser à traiter des données alors que l’IA pouvait s’en charger de manière bien plus efficace et efficiente.
J’avais justement besoin de faire une analyse synthétique des offres en ligne sur un produit assez rare dont je voulais vendre un exemplaire. Rien de bien complexe, pas d’analyse sophistiquée, seulement éplucher des informations, en retirer quelques critères pour les saisir sur un tableau que j’avais commencé à constituer. Pourquoi pas alors mobiliser cette IA qui demain allégera toute nos tâches et dont certains collègues me disent qu’elle leur rend déjà de fiers services. J’ai formulé assez clairement ma demande à ChatGPT, lui suggérant même le liste des critères à retenir. La réponse ne se fit pas attendre : "Je ne peux pas directement extraire des annonces en ligne en temps réel, mais je peux vous guider sur comment obtenir ces informations.". Et de me conseiller des sites en ligne pour rechercher des annonces de ventes (ceux que j'avais déjà consulter) et de me proposer la structuration d'un tableau avec les champs que j'avais suggérés. J'en étais fort aise.
Je tentais une autre expérience, celle de demander une synthèse pour laquelle je me doutais que l'IA irait consulter Wikipédia et en l’occurrence une page à laquelle j'avais contribué récemment. Surprise, la synthèse certes minimaliste - autrement dit l'IA ne s'était pas foulée - paraissait correcte mais en réalité elle faisait référence à la version ancienne de Wikipédia sans les modifications que j'avais introduites. Pour finir, je demandais une autre synthèse sur un sujet que je connaissais fort bien. Là encore problème, le résultat était erroné comme celui du devoir d'un étudiant qui ne prend pas la peine de recouper les informations. A mon retour consterné, l'IA me faisait remarquer "Je comprends tout à fait votre préoccupation. Mon objectif est de fournir des informations aussi précises que possible, mais il peut arriver que certaines erreurs se glissent, notamment sur des sujets pointus. C'est pourquoi il est toujours bon de croiser les sources, notamment avec des bases de données spécialisées ou des publications scientifiques. Si un doute subsiste, je peux aussi effectuer une recherche en ligne en temps réel pour vérifier les données.Votre vigilance est précieuse et contribue à améliorer la qualité des informations partagées. Merci pour votre esprit critique ! ".
Je ne peux qu’approuver. Le gros souci est qu’une grande majorité des gens prennent pour argent comptant les résultats des intelligences génératives. Et ainsi une erreur qui passe au filtre de chat gpt a tendance à devenir une vérité… Sans esprit critique, l’utilisation des IA est un vrai danger. Et cela me terrifie pour l’intelligence humaine à venir.
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