mercredi 17 août 2022

Pour Romain

J’ai écrit que je redécouvrais ma garde-robe. Nous étions en Italie dans une grande ville insulaire pour quelques jours. Nous déambulions souvent dans le centre-ville. Les boutiques ne manquaient pas, je fus pris d’une envie de trouver une chemise comme semblaient pour moi les affectionner les ragazzi de ce pays. J’ai toujours aimé les chemises. Du plus loin que je me souvienne. Même à l’époque des culottes courtes les enfants portaient des chemises ou des polos. On n’aurait pas envoyé un enfant à l’école avec un teeshirt, enfin je ne crois pas. A la période du collège, la mode était au grosses rayures et à l’écossais. Je n’aimais pas, comme je n’aimais les pantalons en velours à grosses côtes versus les fines. J’ai toujours préféré le fin et le délicat même si plus tard j’osai porter quelques chemises dites de bûcheron. Je n’avais pas vraiment le choix de mes vêtements achetés avec parcimonie selon la tradition économe du pays taiseux. On se passait bien sur les habits entre membres d’une famille. Mes frères bien plus âgés ne m’avaient guère laissé grand chose. J’imagine qu’ils avaient dû tout user jusqu’à la corde ou du  moins que le second avait achevé les peilles du premier. J’avais hérité d’un lot qui pouvait passer pour masculin provenant d’une cousine à peine plus âgée que moi. L’idée même qu’ils soient d’une fille indépendamment de leur apparence me hérissait et je faisais contre mauvaise fortune bon cœur. À l’adolescence je reçus un autre lot d’un cousin qui était beau gosse. Il y avait là des chemises unies de coupe agréable. Les tissus étaient synthétiques, mais j’en fis mon affaire malgré les effets sur la transpiration car mon père tolérait désormais ma douche quotidienne, l’importance est notable car il n’était pas question de se changer plus de deux fois par semaine, j’allais finir par faire sauter ce deuxième verrou. Ce disant je note combien cette économie de la sobriété guidée par le souci du portefeuille était écologique avant l’heure. Elle était pourtant insupportable tant la société de consommation était déjà bien avancée et que nous pouvions passer pour des rétrogrades, des cussous ou des gens de peu. Je n’en voulais pas à mes parents mais j’aurais simplement voulu qu’on me lâche la bride pour m’acheter quelques fringues sympas même pas de marque. J’ai commencé à vraiment aimer les chemises avec un modèle d’époque que j’avais trouvé au fond d’une armoire. On ne savait même plus à qui elle était. En coton bleu avec un léger imprimé noir. Pas trop près du corps. Idéale pour ne pas révéler ces formes pectorales que moquait Émile. Je n’ai dès lors plus porté que des chemises amples sauf pour mon mariage mais j’avais une veste. J’ai traversé des périodes, je n’achetais que des chemises blanches pendant longtemps puis que des chemises à fleurs. Ne crois pas que j’en ai des centaines. Je suis resté marqué par l’économie familiale. Pas d’excès et j’use peu car j’observe toujours la typologie fonctionnelle vêtements de travail/bureau, de la maison, du bricolage et des champs et du dimanche. J’ai seulement fusionné de travail et du dimanche. Mais tu ne me verras jamais trainer habillé quand je rentre à la maison. Je me change tout de suite, après être arrivé, pour des vieilles nippes. 
J’eus un souci de santé qui révéla une addiction dont je me suis débarrassé brutalement. L’incidence avait été une perte de poids rapide. Et soudain je revenais à mon poids de jeunesse et je découvrais l’écart entre mon schéma corporel et la réalité. J’osai soudain descendre d’une ou deux tailles en chemise. Paradoxalement ou peut-être pas d’ailleurs, j’avais toujours porté les pantalons près du corps voire moulants pour les jeans. Sur le bas je ne supportais pas les plis et la la flaccidité du côté du fessier. Je trouvai donc une nouvelle harmonie.
 
à suivre
 

2 commentaires:

  1. J attends la suite ….

    Romain

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  2. Je suis moi aussi très “chemise” , notamment blanche , et pantalon velours fin
    Romain

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