samedi 4 avril 2015

Je n'avais jamais rencontré un passif aussi directif

Au premier coup d’œil, il ne m'attirait pas spécialement. Ce qui m'a fait chavirer c'est sa façon assurée de me regarder droit dans les yeux, de pointer son doigt sur mon téton puis de l'agiter de cette manière qui signifie toi viens par ici. Son regard ténébreux complétait par un on va s'amuser. Il m'a plu de le suivre.
Je n'imaginais pas aller au sauna ce soir là. Un diner était prévu en soirée. J'avais juste le temps d'arriver et de déposer mes affaires à l'hôtel. Mais le repas a été annulé au dernier moment.
Après la douche, je m'étais allongé sur le lit et je déambulais sur le site de rencontres à répondre à quelques messages et consulter des profils. Je fus pris d'un tournis devant cet univers des possibles, ces conversations qu'il faudrait engager, ces non-retours en perspectives. Je n'allais pas encore tchatter toute une soirée... L'option sauna m'a semblé la meilleure, au moins je pourrais me délasser au hammam et pour le reste on verrait bien. L'hôtel n'était pas très loin du sun city mais encore plus prêt de l'IDM que j'avais lu qualifié de plus grand et plus beau sauna de Paris.
J'ai choisi ce dernier qui se trouvait vraiment à deux rue. Arrivant sur les lieux, je réalisais que j'étais déjà venu. Il y a plusieurs années, j'y passais régulièrement avec Hans qui fut mon amant parisien pendant quelques mois. Par contre, rien dans mon souvenir ne correspondait aux qualificatifs invoqués plus haut. J'avais le souvenir d'un lieu plutôt étriqué et sombre. Bien sûr tous les saunas gay ont une face obscure mais les éclairages et le décor peuvent néanmoins créer des effets intéressants comme au sun.
Tant pis, je n'allais pas retourner sur mes pas, au risque d'y croiser Hans, qui était abonné, et avec lequel j'avais rompu car il avait eu l'idée saugrenue de développer un sentiment très exclusif pour moi et de surtout de m'en faire des scènes.
J'ai commencé par descendre au sous-sol dans les parties humides : la piscine dans l'axe du passage, les douches, assez vieillottes, et enfin le hammam.
J'avais le souvenir d'un hammam à deux niveaux avec un escalier embué qui conduisait  à un espace supérieur. Le garçon de l'accueil m'expliquera plus tard que cette partie avait dû être supprimée pour cause d'excès d'humidité. Je l'ai regretté car c'était bien la seule originalité de ce lieu. Je n'avais pas exploré autrefois l'agencement des étages. Avec Hans nous ne faisions que passer dans la partie humide avant de rejoindre une chambre d'hôtel. J'ai trouvé les étages quelconques à part peut être le salon télévision derrière les barreaux où j'ai regardé une vidéo assez bien faite. Pour le reste des couloirs tristes, des backrooms sordides, et une montée sous le comble périlleuse par des escaliers étroits où l'on progresse mal assuré.
Dans la piscine se prélassait un homme brun avec un profil moyen-oriental que j'ai trouvé attirant. Nos regards n'ont fait que se croiser, le sien sans expression. Puis je me suis fais mater dans les douches et dans le hammam. Jusqu'à ce couple qui s'est desserré dans la moiteur torride à mon arrivée. L'un deux est venu s'asseoir à côté de moi et sans plus attendre a saisi mon sexe à moitié bandé. C'était sans compter sur son compagnon venu aussitôt le chercher.
J'étais un peu stupéfait. Il faut dire cependant que les caractéristiques des présents me faisait passer apparemment dans la fraction hautement désirable de la soirée. Une chose qui a nettement moins de chance de m'arriver au sun city où la moyenne d'âge est bien plus jeune et la population en général plus sexy. Ou de risque car j'ai fini par me sentir quelque peu pourchassé par un habitué pas spécialement âgé mais très abandonné et lourdaud.
Je suis parti à la découverte des étages. J'avais à peine posé le pied sur le palier que ce doigt décidé se posait sur mon téton. J'ai eu un temps d’hésitation car le gars n'était pas vraiment dans mes critères de base mais le regard m'a décidé.
Il m'a entrainé dans une cabine. Il n'était pas très grand, relativement jeune, un peu abandonné mais structuré, ce qui est une bonne compensation, le cheveu ras, le visage épais mais sa peau était douce comme ses lèvres. Tout de suite, il m'a guidé. Il avait besoin d'un actif à sa main. En levrette sur une banquette étroite, il regardait sans arrêt le grand miroir et je dois dire que c'était assez excitant de se voir ainsi accouplés. Très sensitif, il réagissait beaucoup et a trouvé son plaisir assez vite avant que je ne puisse le rejoindre. Mais j'avais décidé de me laisser faire.
Il avait une fiole d'huile de massage à l'arnica. Après sa jouissance, il a ouvert la fiole. Donne-moi ta main ! Tu veux bien me masser, d'un ton impératif... Je m'en suis donné à cœur joie sur son dos et ses épaules, son cou épais et son crane. De temps à autre je me penchais pour mordiller ses oreilles et il me tendait ses lèvres. Il a voulu que je lui masse la plante des pieds. La peau y était plus rugueuse, mais qu'importe, j'étais devenu son homme. Il poussait des gémissements sans arrêt. Je suis revenu à son dos et je glissais par moment les mains sur les côtés pour lui exciter les tétons.
Il commençait vraiment à faire chaud.
Tu a envie de me prendre encore ?
Je n'allais pas dire non, je n'avais pas débandé et je n'attendais que ça.
Il a décidé de me placer debout appuyé sur le bord de la banquette et est venu s’empaler sur moi face au miroir. Visiblement il aimait ce reflet narcissique. Il a encore pris son pied trop vite pour moi mais j'adorais les sensations. Je suis venu un peu tard sous ses yeux, à la force de mon poignet. On s'est embrassé avant de filer aux douches ensemble, puis au hammam et enfin à la piscine, dans une connivence muette. Nos chemins se sont séparés au sauna. Je ne supportais plus la chaleur.
Je ne l'ai pas revu. J'ai arpenté un moment les étages sordides.
J'étais pisté par un homme jeune bien fichu mais dont je n'aurais pas supporté la barbe non entretenue. Le moyen-oriental trainait par là aussi. Après quelques croisements comme chat et souris, il m'a rejoint dans un recoin sombre. C'était bien parti. Sa peau aussi était très douce. Mais quand il a compris que je voulais une protection pour qu'il me suce il a eu un mouvement de recul. Tu n'es pas safe ? Si mais justement ça peut venir des deux côtés. Il ne semblait pas convaincu. Désolé mais là tu m'as coupé tous mes moyens. Nous nous sommes quittés. La soirée était terminée. Mieux vaut se couper les moyens que le reste non ?



2 commentaires:

  1. moi, je vais t'embaucher pour la rédaction du "Guide Montignac" des saunas!!!

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