mardi 7 octobre 2014

Performance

Je rentrais de loin. J'avais laissé mon passager aux portes de la ville. L'un des derniers post de Quentin m'avait un peu chauffé la libido. J'étais aussi resté un peu sur ma fin d'un rendez-vous raté. Non pas l'attente de Will, mais une autre expérience de débarquement chez un inconnu en août dernier.
Le gars était vraiment décalé par rapport à sa photo. Il s'était abandonné depuis. Je n'avais pas su partir en courant et c'est finalement le gars qui avait compris in extremis que ça n'allait pas le faire. Il avait déjà ôté son pantalon et moi j'étais comme un con à me débattre avec cette putain d'empathie qui parfois vient s'opposer à ma raison.
Sauvé de cette paralysie arachnéenne, je m'étais ressourcé dans le chaleur de la ville avant de rejoindre mon covoitureur du soir, un joli garçon à la conversation très agréable.
Revenons à mon entrée de ville, je faisais une pause sur le parking d'une grande surface. Je m'étais connecté pour voir si un de mes contacts était disponible. Un pseudo sans image s'affichait et j'ai cru qu'il s'agissait d'Alec, un étudiant avec lequel j'étais en contact depuis plusieurs mois. Je réalisais au premier message qu'il n'en était rien. Je ne me souvenais plus pourquoi j'avais sauvegardé ce profil. Il m'a envoyé une photo et bien que son rapport taille poids soit peu favorable à mon goût, j'embrayai sur la possibilité d'un plan immédiat. L'affaire fut faite en deux deux. Son adresse en mémoire, je filai plein centre où je trouvais facilement à me garer à deux pas de chez lui. Je suis monté sans appréhension, j'étais gonflé à bloc. Il a ouvert, le visage agréable se confirma aussitôt ainsi que l'embonpoint. Mais rien à voir avec le précédent. Lui était musclé et de bonne tenue. On s'est jaugé du regard, il préférait les plus costauds que moi et inversement.
C'est comme tu veux.
Mais là je le sentais et après un premier baiser j'ai soulevé son tee-shirt pour voir ses pecs bien proéminent.
Là, je n'ai pu m'empêcher de penser au corps abandonné de mon père. Rien à voir pourtant. Enfin, si, mais pas ce que tu pourrais croire. Heureusement la pensée fugace m'a bien vite quitté.
Nous avons atterri nus sur son lit. J'avais envie de sentir son poids sur mon corps mais il n'avait de cesse d'inverser la position. J'ai bien aimé caresser à pleines mains ses muscles durs et volumineux. Lui s'excitait sur mes bouts de seins, le gauche en particulier, et me faisait tordre de plaisir à tout moment. Ce bout en est resté érigé toute la fin de semaine.
J'ai vérifié assez vite que ce gars n'était pas dans l'échantillon gagnant de cette étude récente qui croit nous décrire le monde à partir d'un panel de 200 mecs. L'un des biais était peut-être que l’étude concernait des hétéros, où affichés tels... Quant à moi, j'aurais très sensiblement contribué à faire pencher le résultat dans l'autre sens.
A peine émulsionnés de nos humeurs respectives, il voulait déjà aller se doucher. Je dois dire que je ne suis jamais pressé à ce stade. Il faut me laisser s’apaiser le rythme cardiaque et j'aime bien profiter de l'après. J'ai préféré commenter le haut plafond de la chambre, tout en moulures du XIXe siècle. Après la douche, je suis revenu m'habiller sur le bord du lit. Mon visage s'était refermé et il m'invita à sourire. Que devait-il penser de moi, qui m'était offert si soudainement à lui et déjà remettait ses shoes en silence ?
Ça ne m'arrive pas souvent.
Il m'offrit ensuite un verre d'eau, nous n'avions plus grand chose à dire et je m'intéressai alors à son mobilier contemporain, je sortis quelques commentaire pas trop décalés d'un aussi peu branché que moi par cette combinaison d'époques. J'avais vu assez juste et il m'a paru étonné de considérations qui faisaient un peu fi du prix de ces meubles, qui lui avaient coûté la peau du cul. Oui, j'imagine bien une table de Yann Bennèf (je ne savais pas qu'il dessinait des tables).
On s'est quitté dans un sourire.
Allez casse-toi et sois prudent pour le retour.
Il me restait en effet deux heures de route....

J'ai roulé une trentaine de kilomètres jusqu’à une aire de repos où il m'est arrivé quelques petites choses intéressantes, il y a deux ou trois ans. Depuis, je dois dire que j'ai trouvé le lieu fade ou flippant, selon le cas, avec des profils pas très nets. La nuit était tombé. Une mec fumait appuyé sur sa caisse. Ça tombait bien, j'avais très envie d'en griller une. Il m'a tendu une cigarette. Après l'avoir fumée jusqu'au mégot, j'ai posé la main sur son ventre et nous nous sommes affairés. Jeux de mains sur nos torses, il a frôlé mon téton gauche. Il m'a défait la ceinture et ouvert le pantalon. Il ne portait rien sous son jogging. Mais il n'a pas bandé de toute la séquence. Moi j'étais reparti au front et il n'a pas tardé à s'agenouiller. On aurait pu rester longtemps comme ça. Je ne sentais strictement rien. Il avait beau s’appliquer, mon bâton restait de marbre tiède dans sa bouche. J'étais plus excité par les phares des voitures qui nous balayaient de temps à autre. J'ai fini par m'échapper avec une légère pression amicale sur son bras. Un mec glauque s'était approché et se branlait devant nous. Je trouvais ça moyen.

J'ai roulé encore. Un dernier arrêt sur l'aire à la boucle sous les arbres. Je me gare dans la boucle. Je n'attends pas longtemps avant de voir des phares venir. La même voiture va tourner 3 fois sans s'arrêter, puis une autre et encore une autre. Qu'ont-ils ce soir à ne pas stationner ? Il faudrait sans doute que je sorte pour qu'ils puissent me jauger dans la lueur fugace. Bof. Je repars pour me garer devant le bloc. Deux voitures stationnent. Un gars sort du bloc et rejoint son véhicule. Un autre fume devant. Je rentre. Il arrive, je le sens dans mon dos pendant que je me lave les mains. Je vais récupérer des essuie-mains dans les cabines. Je ressors. C'est lui qui rentre à son tour. J'y vais. Sourire. Je pousse le verrou. C'est parti. Mon téton gauche prend cher à nouveau. Lui non plus ne bandera pas de toute la séquence. Je suis au garde à vous. Il s'occupe bien de moi. Trop bien. Ahhhh...

Tu te demandes peut-être à quoi je jouais ? Juste à ça. Savoir si je pouvais exciter des mecs et prendre mon pied en série. A chaque fois, je me dis que je ne referai plus. Que je préfère cent fois les plans hyper calins. Mais cela pouvait arriver aussi. Il faudra que je te raconte la fois de Ricky sur cette même aire, quand le temps a suspendu son vol au point d'oublier d’échanger nos numéros de téléphone.

2 commentaires:

  1. interessant effectivement. des ressentis communs comme cette "empathie" et difficulté à ne pas dire non, ou ce desir d'enchainer des plans sans trop savoir pourquoi, si ce n'est pour "savoir si je pouvais exciter des mecs et prendre mon pied en série", et se dire, que non, plus jamais je ne ferais ça!!! en tous les cas, t'as la forme apparemment!!! et j'adore ton expression:"A peine émulsionnés de nos humeurs respectives"...pas mal, la montée en mayonnaise, je n'aurais pas pensé!!! et c'est qui Yann Bennef ? J'apprécie aussi le tag à mon intention!!

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    1. Merci Arthur
      C'est un créateur et architecte :-)

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