samedi 9 février 2019

Le garçon qui... (7) des biffles, donc

Il était en train de m'envoyer balader. Il voulait que je prenne sur moi et que je lui propose quelque chose qui ne soit pas tendre. Je découvrais en même temps son envie de soumission. C'était un peu paradoxal pour moi. Qu'il m'attaque si durement et montre aussi son envie de s'offrir.
C'est là qu'il m'a dit je veux que tu me biffles. Comme je ne savais même pas ce que cela voulait dire, il m'a expliqué. Tout cela par texto. J'étais terriblement troublé parce que je ne suis pas sexuellement ni dominant ni dominé. Je ne voulais pas jouer à ce jeu mais je voulais tellement le revoir.
Mais finalement, à ce petit jeu, ne m'a-t-il pas dominé ?
Je devais aussi trouver le lieu. J'ai pensé à des bois entre la grande agglomération où il travaille et le village où il habitait. Je suis parti en repérage, j'avais peu de temps, 20 minutes. Ma première visite fut infructueuse. Je me rabattis au plus simple. Un grand bois près de la route, sur une pente au sud en plein soleil, la montagne en ligne de mire. La lumière de la fin d'après-midi filtrait entre les branches défeuillées. J'ai trouvé une grange en ruine. L’intérieur était chaotique, mais dehors vers le mur ouest, il y a avait un petit espace agréable. Je lui ai indiqué le lieu. Il suffisait qu'il repère ma voiture, se gare à côté et trace sous les arbres.
La forêt était calme. Je crois qu'il y avait déjà les premières éclosions de primevères. Du moins, j'aime à le penser. J'ai entendu le moteur d'une voiture qui ralentit, les crissements des pneus sur le gravier de l’accotement, la portière qui claque, des branches qu'on écarte. Le bruit de son pas. Puis son sourire conquérant. Ou vainqueur.
Il était devant moi. Contre moi. Sa bouche.
A moitié nus tous les deux. Il me suce. Je me retire. Je le biffle. J'apprends vite. Il me reprends, je recommence. Comme ça un moment. Il s'abandonne. Il fond. Il est à moi. Je me surprends. C'est terriblement fort et excitant. Les rayons de soleil sur les parts de nos peaux nues. Mais ce n'est pas violent en fait. Je ne m'attendais pas à ça. Plus tard on se fera jouir à mains nues.
C'est puissant. Mais on se remet vite. Il a un tendre sourire qui ne va pas durer.
Il repart le premier. J'attends un peu. Sa voiture a déjà disparu quand je rejoins la mienne.
Le soleil décline vers l'ouest, dans le lointain la montagne enneigée scintille encore un peu.
Je reçois des textos émus.
Et puis la bâche tombe, raide et définitive.
Tu ne sais pas embrasser.

prélude
une dernière à venir

3 commentaires:

  1. Trop drole, cette fin!!il m'est arrivé presque la même chose la semaine dernière!!et je prépare du coup un prochain billet là-dessus, tellement cela m'a sidéré....
    Ben oui, à nos ages, on ne sait plus embrasser!! il va falloir aller prendre des cours de recyclage!

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    1. Ou on n’a jamais su et on ne nous l’avait jamais dit Arthur... les illusions finissent toujours par tomber... et là on pense à tous ces baisers qu’on a raté depuis la nuit des temps...

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  2. Dis-toi que cela vaut mieux qu'un biff thon ,tout simplement!

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