dimanche 5 avril 2015

Glanes #10 avec ma langue fautive

Où je te parle de mes hommes, de mon égérie et de ma langue.

Mes hommes du moment
Matthieu est en vacances très loin. Il m'a enregistré dans ses contacts. J'en étais heureux même si c'est toujours moi qui lui envoie un petit message. Par contre il répond toujours et nous passons des petits moments à échanger sur tout et rien. On se verra à mon prochain séjour à Paris. Je rêve de dormir à nouveau avec lui.
Milan me contacte régulièrement. Nous avons enfin trouvé un créneau extra temporel dans nos vies à la fin de ce mois. J'ai très envie de cette rencontre mais j'ai peur qu'il en soit bouleversé. Il attend depuis si longtemps. Or la découverte du plaisir des hommes peut être un point de bascule pour un hétérosexuel qui a sublimé pendant des années. Évidemment il faut que nous nous plaisions vraiment...
Ange a réapparu. C'était la deuxième fois que je le perdais. C'est un gars qui a une vie difficile. Amoureux et aimé en retour, mais privé de sexe dans sa vie de couple par la dureté de la vie, il apparaît de temps à autre sur un site de rencontres. Il traverse régulièrement des périodes de rejet et se désinscrit alors. Nous parlons depuis juin dernier. Sa dernière disparition date de février. J'étais un peu déçu car nous devions nous voir prochainement. Il part toujours sans crier gare. Comme nous nous étions retrouvé déjà une fois après sa disparition de l'été dernier je savais intuitivement qu'il reviendrait. Il était là hier après-midi sous un nouveau pseudo. Notre attirance réciproque se confirme. Il me plait physiquement et intellectuellement.
Théo m'avait laissé sans nouvelle lors de ma dernière nuit dans la ville où je vais souvent. Ce n'est que partie remise. Il avait trop arrosé son début de soirée. On arrivera à se revoir un de ces jours. C'est un joli tendre sous sa carapace de dur actif.

Sur un profil
Il faudrait évidemment s'attacher davantage aux gens qu'on rencontre. Il faudrait s'intéresser à eux, prendre en charge un peu de leur vie, de leurs émois, les écouter, écouter même leurs silences, leurs interstices, mais tout va si rapidement, l'urgence commande, et l'instant est roi.
Je trouvais le texte joliment écrit ou bien choisi. J'ai cherché sur le net. C'est de Philippe Besson, dans la maison Atlantique.

Elle m'a toujours fait rêver
J'aime à l'écouter parler. Elle me redonne l'espoir dans ce monde individualiste en perte de valeur. Je la trouve belle aussi. En 2002, j'ai voté pour elle. Je n'ai jamais regretté même si Jospin a perdu. J'ai toujours pensé que c'était la candidature de Chevènement qui avait fait perdre notre rigoriste et non la sienne. Elle m'avait transporté de ses beaux discours comme elle a pu le faire pour la loi sur le mariage. Avec Badinter et Taubira on aurait pu construire un autre monde. Je parle de Christiane Taubira à cause de son interview dans l'Obs de cette semaine. Tu pourras lire le début ici,
J'en ai retenu aussi une citation que je reprends de mémoire, je n'ai pas l'Obs sous la main là où je suis en Pâques. Les rivières ne se jetteraient jamais dans la mer s'il n'y avait les berges pour les contenir.

Du fond
Après ça le buzz sur le nom du futur labrador de Juppé, franchement...

Et pour finir, rions avec l'Académie française
Tu dois le savoir l'Académie française ne plaisante pas avec la langue. Ne t'imagine pas rouler n'importe quel palot avec celle de Molière.
Sur le site de l'Académie, tu trouveras une rubrique "Dire ou ne pas dire". Celle du 2 mars dernier est de nature à pousser au séparatisme d'outre-Loire, ceci étant dit vu d'en haut comme dans la note en question, répertoriée aux emplois fautifs, que je reproduis in extenso :
« Parqueu » des Princes : Au cours de son histoire, le français a forgé des voyelles d’appui pour faciliter la prononciation d’un groupe de consonnes dont la première était souvent un s : ainsi les formes écrire, éponge ou étable nous viennent du latin scribere, spongia et stabula, par l’intermédiaire de l’ancien français escrire, espoinge et estable.
Si aujourd’hui ce phénomène peut encore être justifié s’agissant de mots ou expressions où l’on trouve quatre consonnes à la suite (ainsi le nom du journal Ouest-France est souvent prononcé Ouesteu-France), on s’efforcera, quand il y a trois consonnes ou moins de les articuler sans béquille linguistique et l’on dira le Parc des princes et non le « Parqueu » des Princes, l’Arc de triomphe et non l’« Arqueu » de triomphe.

Ça me rappelle la première fois que j'ai voulu utiliser siri sur mon meilleur téléphone du monde. Je voulais joindre mon collègue Lionel Blag. Siri me répondais invariablement il n'y a pas de lioneleu blague dans vos contacts. Au quatrième essai, excédé par ce [putain de] téléphone, je m'arrêtais sur le bord de la route pour prendre le clavier.
Je n'aurais dû m'en prendre qu'à mon indécrottable français méridional et fautif.
Note que siri a fait de remarquables progrès en la matière et que Jean-Michel Apathie passe sur des médias nationaux quand il y a 20 ans on l'aurait cantonné à un journal régional.
Les académies aboient, les langues passent.



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