samedi 25 octobre 2014

L'os de Dionysos (2)

Steve du T. est assis sur son lit, en caleçon et tee-shirt. Je revois son visage. Je le trouve vraiment mignon. Nous renouons le dialogue. Au clavier car il ne peut pas mettre le son. C'était quand ? On avait parlé de quoi ?
J'avais raconté quoi comme conneries ?
Rien, tu voulais m'emmener faire l'amour sur les coteaux.
On parle.
Au bout d'un moment. Moi.
J'ai super envie de te voir nu ou au moins torse nu.
Ben demande.
J'aimerais bien que tu te mettes nu.
Cadeau.
Il enlève son tee-shirt, très naturellement. Il est vraiment bien fait. Comme sur les photos qu'il m'avait envoyé.
Et toi ?
Je vais aussi.
C'est moins simple avec un smartphone de gérer le déshabillage et l'angle de vue.
Il sourit.
Tu fais quoi dans la vie.
J'en parle peu, je travaille dans...
Ah, ok, ben ça conserve bien.
Merci, je ne sais pas si l'image est bonne, pas facile avec le téléphone.
Oui c'est bien. Tu es tout nu ?
Il fait un signe de la main, l'index vers le bas.
Je ne parle pas la langue des signes.
Tu montres ?
Tu crois, je bande à fond.
Pas grave, je suis majeur et vacciné.
Je repousse la couette.
J'ai vu passer un truc. 
Je recadre.
Effectivement. Tu bandes pour quelle raison ?
La situation m'excite, je suis très érectile.
Quelle question, je pense ! Mais ce n'est peut-être pas si évident.
De nombreux mecs ne bandent pas tout de suite.
J'ai fini par accepter ça. Bander pour un rien. Enfin. Pas tout à fait pour un rien. Mais cette réceptivité à nombreux paramètres extérieurs qui convergent vers ce point sensible m'a toujours semblé particulière. Une émotion même non érotique peut être un déclencheur.
Au collège, c'était très difficile pour moi de mettre nu devant les autres, par exemple dans les vestiaires de la piscine. Même si a priori je ne ressentais aucune attirance particulière pour un de mes camarades, mes érections étaient imprévisibles et ingérables. J'ai quelques souvenirs épiques, notamment avec un copain, on était face à face, les autres n'ont rien vu car j'étais de côté, mais lui me regardait étonné sécher mon sexe dressé. Nous avions juste échangé un regard. J'avais apprécié sa discrétion alors qu'il aurait pu alerter toute la classe.
Plus tard, quand j'ai enfin compris l'usage que l'on pouvait faire d'une main, j'essayais de prévenir certaines situations par un épuisement préalable de l'objet en question, mais ma nature érective reprenait trop vite le dessus.
Au lycée, j'avais encore quelques séquelles, il valait mieux que je ne sois pas appelé au tableau entre 10 et 11 heures. C'était un rituel incontrôlable qui me mettait très mal à l'aise dans mes jeans toujours près du corps.
A la mer ou à la rivière, je n'avais pas de problème particulier en maillot de bain mais le seul fait de passer à la nudité me mettait en position érigé.

Et là Steve qui me demandait pourquoi je bandais...

à suivre...

2 commentaires:

  1. Mais tous les mecs ne bandent-ils pas pour un "rien" comme tu dis? après, on peut aussi débander pour un rien...mais c'est vrai , qu'en ce qui me concerne, j'ai souvent eu l'impression de bander en permanence. Mais depuis quelques années, les années, le boulot, je ne sais pas, je ne bande plus toujoiurs pour un rien...par contre, un mec, la possibilité d'une rencontre, comme tu le racontes , même par écran interposé, peut me faire bander en 3 secondes...et rien que d'entendre la voix de mon "amant parisien" au tel me provoque une érection immédiate...

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    1. Alors tu es comme moi, mais je ne crois pas que ce soit aussi instantané pour tous. Il faudrait poser la question au docteur Love...

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