mardi 27 mars 2018

Tu ne douteras point

J’avais quitté l'homme enchaîné. Je remontai alors la rue Montorgueil pour tourner à droite au rocher de Cancale. Le rue Greneta contrastait par son calme. Au carrefour de la rue Saint-Denis j’achetai simplement une banane que je dégustais tranquillement jusqu’au croisement suivant.
Je sonnai, la porte s’ouvrit et je découvris mon ouvreur préféré en tenue légère : une cravate tombait sur son torse simplement couvert sur les flancs par un gilet de costume. Plus bas, il portait seulement un caleçon non ajusté qui à l’arrière laissait la vue sur la racine de ses globes fessiers et l’entrée de la vallée des délices.
Je le trouve mignon et avenant. Il ne démentait pas ce sentiment répondant avec grace à mes questions à l’entrée puis au bar par des réponses accompagnées de petits gestes tactiles, sa main sur mon épaule ou sur mon bras me donnait de légers frissons, je n'y répondais pas car, comme il me le rappelait, ce n’est pas le but que d’essayer d'emballer ici le personnel si accueillant soit-il.
Au fumoir je discutai avec un américain sympathique qui courageusement plaçait un français tout aussi approximatif que mon anglais. C’est lui que je retrouvai en premier au sous-sol, nous étions encore peu nombreux, pour un petit jeu très câlin.
La soirée fut surprenante, je m’étais juré de ne jamais revenir ici pour cause de manque d’empathie et je tombai ce soir là sur des gars fort sympathiques. À part ce très beau gosse roux à la mèche longue qui m’avait maté depuis le couloir alors que j’étais entrepris par un autre gars. Il fixait mon dard bien tendu avant de franchir d’un pas décidé la distance qui nous séparait. J’avais commencé à appréhender son petit jeu qui se confirma toute la soirée. Il posait son dévolu sur une bite amène et venait directement la sucer tel un seigneur exerçant son droit de cuissage. Après s’être assuré de la raideur du vit, il se tournait et se faisait empaler aussitôt. Tous des actifs du soir profitèrent ainsi de sa faveur. Je commis le crime de lèse-majesté : j’arrêtai sa bouche, je n’allais pas me faire sucer sans préservatif. Il me jeta un regard furieux. Je ne fus pas foudroyé. Par la suite, il fuit toute approche de ma part avec à chaque fois ces yeux terribles. Je m’en amusai.
J’avais trouvé un gars costaud et bien fait avec lequel je m’accouplai à plusieurs reprises. Je terminerai la soirée avec lui dans une belle extase réciproque. Il me qualifiait alors de « super baiseur ». Comme il riait quand je lui rendis sincèrement la pareille, je me repris en lui disant que « super baisé » serait peut-être plus adapté, « enfin tu vois ce que je veux dire ». On s’embrassait une dernière fois du bout des lèvres, nous avions beaucoup aimé ces anti french-kisses terriblement excitants. Entre temps, un jeune et joli garçon l’avait longuement sucé, que j‘avais pris en sandwich trouvant avec lui une première jouissante qu’il apprécia avec un grand sourire de bonheur.
J’avais même croisé mon coach de l’entre-2-eaux. À son grand étonnement, je l’avais appelé par son prénom, il m’avait un peu oublié mais on discuta un moment agréablement. Évidemment il voulut que je prenne mais je n’avais pas encore rehissé les couleurs et quand ce fut le cas, il était déjà parti alors que j’étais prêt à lui en donner la primeur.
Je quittai les lieux avec assurance, non sans avoir papoté encore avec le bel ouvreur, grisé par tant de considérations positives dans un ensemble où j’étais loin d’être le meilleur sex-symbol de mon point de vue. Mais il y a des jours... et des lunes.

2 commentaires:

  1. Super baiseur! Super baisé! Tu m épates ! Peut-être qu un jour je franchirais ces portes , mais je doute y avoir ton aisance et agilité ! Admiration !

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    1. Bah Arthur, il y a une part de second degré en toute chose...

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