mardi 17 février 2015

Je suis sûr qu'il m'attendait dans la cabine

Nous nous douchions côté à côte dans l'antichambre du hammam. Je me suis tourné vers lui. Il était légèrement plus grand que moi, brun, ses cheveux mi-longs ondulaient. Un léger sourire. L'attirance a été quasi immédiate. Il suffit parfois d'un rien pour se comprendre.
J'étais bien dans ses bras.
Nos bouches n'en finissaient pas de se trouver. Nos corps s'épousaient naturellement, nos sexes bandés l'un contre l'autre.
Nous avons rejoint le bassin peu profond qui jouxte la piscine.
Assis emmêlés sur le banc de carrelage, nos mains glissaient ici et là. Nous échangions quelques mots aussi et je commençais à avoir très envie nous isoler aux étages.
C'est à ce moment qu'il s'est levé.
Sans une parole, sans un geste pour moi, sans se retourner, il est sorti du bassin.
Je suis resté plombé sur le banc.
Je n'ai su quoi penser.
En avait-il assez ?
M'avait-il suffisamment ferré pour que je le suive automatiquement ?
Me posais-je encore une fois trop de questions quand il ne s'agissait que de partager son corps avec un inconnu qu'on ne reverra jamais ? Un coup d'un soir.
Mais voilà, comme je l'expliquais il y a peu à Théo, je suis un plan cul tendre.
Je l'ai regardé s'éloigner et disparaître après le bar.
Rien de tel pour me gâcher une soirée.
C'est tellement plus simple quand ça ne mord pas du tout et qu'on enfile les râteaux.
Nous sommes croisés toute la soirée.
Jamais un regard vers moi.
Son sourire lumineux n'est jamais réapparu.
Sa posture confirmait toutes les hypothèses. Aussi bien celle où il en avait eu assez que celle où il pensait que j'allais le suivre, et maintenant je ne l’intéressais plus.
Je n'étais même plus capable de l'approcher.
Plus tard encore.
J'étais appuyé contre le mur dans le labyrinthe des cabines. Il est entré dans celle face à moi. Et là, enfin, son regard a rencontré le mien. Très vite. Avec une brève expression.
Je n'ai pas bougé.
J'ai résisté à ce qui m'a semblé un appel imperceptible.
Un autre gars est entré.
La porte s'est refermée.
Même pas une minute.
Le gars est ressorti.
Alors j'ai bougé. Je suis passé devant la cabine, j'ai tourné légèrement la tête sur ma droite pour le voir adossé au mur, nu et alangui.



4 commentaires:

  1. Le genre de mec qui croit que tout lui est due.
    Bien joué de ne pas y être allé ;)

    RépondreSupprimer