dimanche 14 décembre 2014

L'insoupçonnable légèreté de mon être

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ce blog et c'est aussi le centième billet. Je t'avais déjà annoncé le numéro 100 mais Blogger m'avait trompé car la vue d'ensemble comptabilise aussi les brouillons... J'avais pensé te faire un bilan quantitatif voire lancer la grande enquête à laquelle je pense depuis plusieurs mois, eh bien non, je vais effleurer autre chose...
J'ai eu un jardin secret très tôt mais je ne pensais pas qu'il sortirait un jour de ma tête. Au début, il y eu l'absence de considération de mes parents et de ma fratrie. Non que je fusse mal aimé. Simplement, on me voyait petit alors que j'étais déjà grand, mais certes pas une grande personne, d'après eux. Je comprenais tout ce dont ils parlaient, je voulais participer mais j'étais systématiquement renvoyé à ma condition enfantine. Alors, j'ai imaginé mon monde, comme la plupart des enfants.
La différence avec beaucoup, c'est que je l'ai gardé.
Ce monde était peuplé des héros de mes lectures, comme François du club des cinq, qui fut sans doute le premier garçon pour lequel j'ai eu un béguin. Avant Jean Marais en Lagardère.
A l'âge où j'aurais pu sortir de ce monde, ou plutôt le fusionner avec le réel, je fus enfoncé par mes plus proches amis. C'était lors du passage au collège, la première rencontre avec des filles pour des garçons d'une école primaire non mixte. J'avais servi de repoussoir.
Mais je crois que j'avais déjà décidé de ne pas grandir à l'extérieur et il en résultait finalement une grande difficulté de communication.
J'avais fini par avoir peur des autres et de leur regard.
Le temps a passé. Les amitiés de l'adolescence, comme celle avec Dilou dont il faudra que je parle un jour ou l'autre, m'ont aidé à prendre confiance et à grandir. Je suis même arrivé à devenir quelqu'un, à rencontrer la femme de ma vie, à m'élever avec des enfants...
J'ai cependant gardé mon refuge.
Il m'a servi d'abri dans le doute, les traitrises familiales ou professionnelles.
Puis un jour, je me suis rendu compte, une première fois (je te parlerai peut-être de la deuxième plus tard) que je n'étais pas tout à fait ce que j'avais imaginé être. Que cette attirance pour les hommes était plus forte qu'il n'y paraissait. J'ai voulu vivre ça aussi. Mais pas comme une double vie, je ne sais pas si on peut comprendre ce que je veux dire, mais comme quelque chose qui était vraiment à moi et dont je ne devais rien à personne.
Et c'est ainsi que régulièrement je plonge dans ces instants volés au grand vacarme de la vie, ceux que je te raconte ici dans mon jardin secret devenu bien réel.
Parfois je me demande bien sûr ce que diraient ce qui me connaissent autrement. Ceux pour lesquels je suis devenu un repère, une référence, même une statue sur un piédestal. Oh, je sais bien que la plupart penseraient que je cachais bien mon jeu. Que j’étais bien léger.
Je n'aurai voulu qu'être moi, cet être dual, mais sincère dans tous ses instants.
Je me demande souvent ce que les autres voient en moi. Comme ce collègue et ami auquel j'avais donné une très bonne idée pour nous sortir d'un mauvais pas professionnel. Il m'avait regardé dans les yeux avec son grand sourire et avait dit, devant tout le monde, il n'est pas que beau, il est aussi très intelligent. Assez sidéré, j'ai cru avoir mal compris, il a répété tout aussi admiratif.
Oui, sans doute lui me comprendrait.
Je crois que lui m'aime assez.







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