samedi 19 octobre 2019

Good trip

J'avais une entrée gratuite à l'Impact. Elle me restait de ce soir d'inondation où je m'étais reporté sur le Sun city. En relisant, ces quelques lignes, je me rends bien compte à quel point on oublie les détails. Depuis que j'écris, j'ai un autre regard sur les mémoires des auteurs. Que reste-t-il vraiment quand on n'a pas pris de notes ? Je me souviens de quelques textes d'un proche qui décrivait des temps que nous avions vécus ensemble, que de différences de perception !
J'étais donc revenu à l'Impact.

dimanche 6 octobre 2019

La phrase qui me tua

Une fin d'après-midi d'automne. L'orée d'une de ces grandes forêts comme il en reste à la périphérie de quelques métropoles. Un de ces endroits où les citadins viennent se dégourdir les jambes après un repas de famille en faisant quelques pas qui ne les éloigneront guère du parking. Une époque où on ne plaint pas le carburant, où l'on peut encore conduire un peu éméché.
La lumière est encore vive sur les arbres aux feuilles marcescentes. La petite fille avance d'un pas encore mal assuré sous nos yeux ravis. Cette petite fille qui me fait sortir peu à peu de ma propre enfance. Étais-je l'enfant qui ne voulais pas grandir comme on me le suggéra plus tard ?

jeudi 3 octobre 2019

Il est encore plus grand mort que vivant

"Les Français placent Jacques Chirac au Panthéon des présidents : selon un sondage Ifop/Le journal du dimanche, l'ancien président, mort jeudi [26 septembre], est le chef d’État de la Ve République préféré des personnes interrogées, à égalité avec Charles de Gaulle."

dimanche 22 septembre 2019

Cette fois où tout aurait pu basculer

Mon copain Taylor était passé. On devait avoir 17 ans, 18 peut-être. C’était un coureur. Il enchaînait les conquêtes depuis ses 15 ans. Pour se déniaiser, il était allé voir une prostituée dans le quartier chaud près de la gare. Il nous avait raconté ça lors d’une soirée entre potes. Sans détails, juste pour nous dire comme il voyait les choses. Comme nous étions coincés ou idéalistes ! Il y avait Dilou qui se réservait pour le mariage, Émile qui lorsqu’il se décoinça racontait facilement ses frasques et Jo plus discret et pudique. Moi j’étais l’un des puceaux de la bande, je m’offusquais facilement, par protection.

samedi 21 septembre 2019

Fanny Ardant et moi

Elle était jeudi soir à l’heure bleue. Je n’ai pas sa photo dans ma bibliothèque. Fanny Ardant me parle de l’intérieur. J’aime sa voix. Son rythme. Une sorte d’affectation, naturelle je crois, mais théâtrale peut-être, sans doute. Fanny Ardant n’hésite pas, jamais de ponctuation hésitante sonore. Elle prend juste son temps dans une diction légèrement hachée de pauses légères où le temps suspens à peine son vol. On attend le souffle suivant. Fanny Ardant ou l’art de la respiration.

jeudi 19 septembre 2019

J’ai tout perdu...

Je ne pensais pas en arriver là en si peu de temps. J’imaginais un effort encore considérable et puis pfffouf... J’ai fondu sans rien reprendre d’un week-end pourtant chargé mais j’ai géré, sans même perdre de plaisir.
Et quand je vois cette aisance et cette liberté que ça me procure, quand je vois ce regard ému qu’il avait et quand il m’a dit c’est vrai qu’on pourrait facilement tomber amoureux de toi...
Je venais de lui raconter l’histoire de Hans qui alla trop loin avec moi. Hans le jaloux qui tentait de régenter mes nuits parisiennes.

mercredi 11 septembre 2019

De la mort qui n’est pas une autre naissance

J’ai toujours pensé à la mort. Depuis très longtemps en tout cas. J’ai un vague souvenir de la mamé dans son futur lit de mort. Une image de petite vieille qui m’est revenue bien plus tard, en me rappelant le petit fauteuil rouge * que j’avais toujours vu chez la reine mère et que mon père recouvrit de vert. J’avais quatre quand elle disparut.

mardi 10 septembre 2019

Je reviens

Un long silence. Regarder passer le temps. Lire et ne pas écrire.
Je reprends des lignes arrêtées.
Je trouve cette note du 18 février 2019.

vendredi 16 août 2019

Que reste-t-il...

Quinze jours sans écrire quoi que ce soit. Les vacances. Retour au pays taiseux, ce pays qui me parle tant pourtant. Chacun continue son chemin. Est-ce qu'au moment de l'âge d'or, nos anciens qui nous l'avaient construit étaient aussi en manque d'une époque antérieure ? Je ne le sais dire vraiment, même si je m'en doute. Le temps de la veuve noire s'était arrêté sur la maison, les pierres de chaque mur, les arbres mêmes et la rivière, alors que son cours bougeait un peu chaque année.

mercredi 31 juillet 2019

Pas de questions pour mister R.

J'essaie d'engager la conversation avec mister R., mais ce n'est pas son truc. Il aime le sexe. Point. C'est tout. Je ne suis pas disponible dans les quinze prochains jours. On patientera et on se reverra à la rentrée. J'ai à peine raconté ma rencontre avec mister R. Un de ces moments exceptionnels comme il m'en arrive de temps en temps. Une fusion exceptionnelle. Et, dès la première étreinte, cette certitude immédiate que je pourrai être passif avec lui. Ce qui fut.