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jeudi 13 novembre 2025

10 ans après

Il semble qu’on soit très nombreux à connaître soit l’une des victimes des attentats du 13 novembre 2015,soit un de leurs proches. Ce matin je manipulais un dossier d’archive pour chercher un document. Après l’avoir rangé je repère une carte lettre retournée sur le plancher, échappée du dossier. Je me baisse pour la récupérer et la retourne. Je suis sidéré.

samedi 25 octobre 2025

Enfer, Iwak 2025 #25

Enfer, bien sûr comme Matoo je pense aux livres bien sûr. A ces illustrations littéraires et cinématographiques dans Le nom de la rose et le Club Dumas (La septième porte), et à chaque fois les flammes pour finir.

vendredi 24 octobre 2025

Tapageur, Iwak 20252 #24

Je pourrai écrire ce matin que j’en marre de cette actualité tapageuse. De tous ces tapageurs qui envahissent les écrans, comme hier FOG sur le plateau de Quotidien, symptomatique des affirmations éhontées et non argumentées. Mais je pense plutôt à ce jeune homme discret qui arriva au village il y a environ trente ans.

jeudi 23 octobre 2025

Bouton, Iwak 2025 #22

Je n'ai jamais collectionné les boutons. L'arrivée de l'adolescence fut une grande crainte pour moi. J'étais déjà suffisamment ostracisé. L'acné m'aurait achevé. Mais j'eus la chance d'être épargné. Bien sûr, il eut quelques attaques, mais somme toute assez rares et fugaces. 

mercredi 1 octobre 2025

Moustache, Iwak 2025 #1

J'ai porté la moustache à plusieurs reprises, peu de temps. J'ai bien aimé celle de mes vingt années, moins les suivantes qui n'ont pas laissé de souvenirs impérissables à mes proches.

jeudi 3 juillet 2025

Tout doucement

La journée avait été bien chaude, je n’avais pas pointé le nez dehors avant tard, sauf pour une course obligatoire dans le rideau de feu. Je m’étais douché et enduit de répulsif. J’allais passer la nuit fenêtres ouvertes. J’étais couché dans le noir. Et soudain elle m’est apparu.

jeudi 20 mars 2025

Tes amis

J’ai peint en écoutant Vincent Delerm, Vincent Delerm, le chanteur, le disque. J’ai dû déjà le dire, j’aime sa voix improbable, ses accords de piano qui l’accompagnent moi qui aime peu le piano. Cette façon de chanter en parlant comme Yves Simon en son temps.

vendredi 7 février 2025

Jouer avec le feu


Je ne me suis jamais opposé politiquement à mon père. J’ai même testé brièvement des trucs qu’il ne désavouait pas comme adhérer à une organisation politique de jeunesse à gauche, ce qui fit flipper ma mère, et ne dura pas longtemps car trop stalinien à mon goût. Mon esprit libre ne supportait pas qu’on me dise ce qui fallait que je pense sans débat. Pourtant les sujets de divergence avec mon père ne manquaient pas. Nous nous sommes bien opposés depuis l’enfance jusqu’à ce jour d’adolescence où il a levé la main sur moi en famille et où je lui ai fait comprendre physiquement et pacifiquement qu’il fallait qu’il arrête.

samedi 28 décembre 2024

L’être cher

Je n’ai jamais été confronté à la découverte de la mort. Celle du corps d’un proche ou de qui que ce soit. J’ai vu partir sous mes yeux une personne, mais nous étions en groupe, préparé à l’épreuve. J’ai dû porter la nouvelle à plusieurs reprises mais toujours vers des adultes et dans un contexte d’attente de la nouvelle. Une seule fois, j’ai porté la nouvelle à un enfant, je m’étais proposé pour le faire sans aucune conscience de ce que serait une telle épreuve pour moi-même.

mercredi 13 novembre 2024

Novembre

Comment ne pas se souvenir. C’était l’époque où j’allais souvent à Paris. Je logeais dans le 10e ou le 11e arrondissement où j’avais quelques habitudes.

mercredi 23 octobre 2024

Rouille, Iwak 2024 #23

La couleur rouille est aux habits ce que le roux est aux cheveux et au pubis. J'aime à porter du rouille, peut-être faute de n'avoir pas été assez roux, juste assez pour de jolis reflets à une époque où le blanc ne n'avait pas envahi, sauf dans la barbe où le fauve persiste autour de la bouche.

mardi 22 octobre 2024

Je préfère ne pas camper dans un camp, Iwak 2024 #22


Je sais bien que camp tout seul ne préjuge de rien. Mais pour moi ce mot rime trop facilement avec l’univers militaire ou concentrationnaire. La seul fois où je fus en vacances dans un camp, cela tourna mal. J’ai encore honte des années plus tard d’avoir été mêlé à l’insu de mon plein gré à une balade nocturne en forêt qui tourna au parcours du combattant pour un groupe de jeunes adolescents dont la seule bêtise était de n’avoir pas sommeil. Et quand bien même.

jeudi 3 octobre 2024

Du bruit des bottes, Iwak 2024 #3

Je ne te parlerai pas de bottes de foin ni de mes bottes secrètes. Restons en donc aux boots, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Si seulement je savais où j’ai bien pu ranger mes belles boots d’adolescent, je t'aurais partagé une photo. Elles étaient pointues, le cuir fauve et très lisse, et des talons qui te font approcher l'exploit de marcher en talons aiguilles. Ça ressemblait à l'image ci-contre mais avec trois plus de hauteur de talon... Et ça claquait sur le sol !

mercredi 17 janvier 2024

L’histoire de Maurice. 10, au pays

Nous étions donc tous deux au pays taiseux à quelques kilomètres l’un de l’autre. Maurice finissait le dimanche avec quelques copains de baignade. Je l’imaginais en maillot si désirable sous l’œil des baigneurs. Nous devions nous retrouver ensuite sur sa route de retour, à l’une des entrées d’un village tant aimé. Je m’étais échappé pour une visite solitaire à mes chers disparus. Entre les tombes, j’attendais le sms qui tardait, réduisant dangereusement ma disponibilité. Enfin, il arriva.

dimanche 31 décembre 2023

La mort en face

Je termine l’année avec ces images difficiles à effacer. On entend parler de manière assez irréelle de ces véhicules qui remontent l’autoroute à contresens. Je revois le bolide qui fonce face à moi. C’est une sorte de penalty, je suis le goal, mais l’objectif est contraire, je dois éviter le ballon. Dois-je partir à droite ou à gauche ?

samedi 16 décembre 2023

10 ans…


Il y a 10 ans que je blogue. Qu’en dire ? Que j’ai failli oublier. Enfin si j’ai oublié, car c’était le 14 et le 15 un peu avant à minuit j’ai pensé à Oh qui arrêta justement ce jour-là, il y a dix ans, sautant sur l’occasion de mon clic et de son anniversaire. Sincèrement je suis plus ému de penser à Oh, dont il n’était pas question que j’arrive à la cheville malgré cet espèce de bâton de relai qu’il m’avait tendu, qu’à mes 10 ans de blog.

dimanche 10 décembre 2023

L’histoire de Maurice. 9, nos terres ancestrales

C’était le risque à raconter aussi longtemps après. Ne se fier qu’à la mémoire, à ce qu’il reste des souvenirs, à ce qu’elle a supprimé de détails ou enjolivé. Maurice avait des attaches au pays taiseux, en un lieu proche des miennes actuelles, un village en commun dans nos généalogies où nos ancêtres avaient pu se connaître ou se croiser même, mêler leurs humeurs comme nous le fîmes. On m’avait souvent parlé de cette commune, me montrant depuis la route en passant le village perché où des aïeux avaient sinon vécu du moins vu transcrire leurs actes essentiels. J’y fus cet été-là à la recherche de traces de Maurice, au risque de l’y croiser et de ne pas savoir gérer une fausse surprise.

lundi 20 novembre 2023

L'histoire de Maurice. 8, intermède

C’était un dimanche. Je suis rentré dans une sorte de nuage. Je travaillais le lundi et le soir, la femme de ma vie revenait d’un séjour de quelques semaines à l’étranger. J’étais heureux de ces retrouvailles. Comme à chaque fois que j’ai eu des amours masculines, je vivais bien cette dualité, bien mieux que quand j’étais seul dans mon hémisphère homo. J’imagine que c’est un sacré paradoxe.

lundi 30 janvier 2023

Songe d’une nuit d’été

La fête finissait. Il ne restait plus grand monde. Une belle journée même si le choix d’un jour d’élection était mal venu. Quelques conversations avait tourné sur le sujet mais c’est lors de l’annonce des résultats que ça a  failli vriller. Forcément quand on mélange une cinquantaine de personnes d’horizons divers la probabilité qu’elles reflètent les clivages de la société est élevée. Il y eut des cris et des pleurs. Certains partirent plus tôt que l’on aurait pu l’imaginer.

lundi 8 novembre 2021

Cinéma miteux


Je ne suis jamais allé dans un cinéma porno. Je ne sais même pas si ça existe encore. Dans la ville où j'ai grandi, il y avait quelques cinémas de ce type. Je ne sais même pas si on y passait des films gays. Nous étions des ados sages, seul l'un d'entre nous était allé voir une prostituée. Il pensait que c'était un passage obligé pour apprendre. On ne lui demandait rien mais il avait raconté un peu. Je ne m'en souviens pas. Rien que l'idée d'aller trainer dans ce quartier alors sordide du centre ville me paraissait surréaliste. Au ciné, on allait voir des bons films je veux dire des films d'auteurs, dans l'une des trois salles d'art et d'essai de la ville, parfois un grand film français ou étranger, mais jamais des superproductions américaines, seulement le dernier Disney pour accompagner nos nièces et nos neveux.