Mon copain Taylor était passé. On devait avoir 17 ans, 18 peut-être. C’était un coureur. Il enchaînait les conquêtes depuis ses 15 ans. Pour se déniaiser, il était allé voir une prostituée dans le quartier chaud près de la gare. Il nous avait raconté ça lors d’une soirée entre potes. Sans détails, juste pour nous dire comme il voyait les choses. Comme nous étions coincés ou idéalistes ! Il y avait Dilou qui se réservait pour le mariage, Émile qui lorsqu’il se décoinça racontait facilement ses frasques et Jo plus discret et pudique. Moi j’étais l’un des puceaux de la bande, je m’offusquais facilement, par protection.
dimanche 22 septembre 2019
samedi 21 septembre 2019
Fanny Ardant et moi
Elle était jeudi soir à l’heure bleue. Je n’ai pas sa photo dans ma bibliothèque. Fanny Ardant me parle de l’intérieur. J’aime sa voix. Son rythme. Une sorte d’affectation, naturelle je crois, mais théâtrale peut-être, sans doute. Fanny Ardant n’hésite pas, jamais de ponctuation hésitante sonore. Elle prend juste son temps dans une diction légèrement hachée de pauses légères où le temps suspens à peine son vol. On attend le souffle suivant. Fanny Ardant ou l’art de la respiration.
jeudi 19 septembre 2019
J’ai tout perdu...
Et quand je vois cette aisance et cette liberté que ça me procure, quand je vois ce regard ému qu’il avait et quand il m’a dit c’est vrai qu’on pourrait facilement tomber amoureux de toi...
Je venais de lui raconter l’histoire de Hans qui alla trop loin avec moi. Hans le jaloux qui tentait de régenter mes nuits parisiennes.
mercredi 11 septembre 2019
De la mort qui n’est pas une autre naissance
J’ai toujours pensé à la mort. Depuis très longtemps en tout cas. J’ai un vague souvenir de la mamé dans son futur lit de mort. Une image de petite vieille qui m’est revenue bien plus tard, en me rappelant le petit fauteuil rouge * que j’avais toujours vu chez la reine mère et que mon père recouvrit de vert. J’avais quatre quand elle disparut.
mardi 10 septembre 2019
Je reviens
Un long silence. Regarder passer le temps. Lire et ne pas écrire.
Je reprends des lignes arrêtées.
Je trouve cette note du 18 février 2019.
Je reprends des lignes arrêtées.
Je trouve cette note du 18 février 2019.
vendredi 16 août 2019
Que reste-t-il...
Quinze jours sans écrire quoi que ce soit. Les vacances. Retour au pays taiseux, ce pays qui me parle tant pourtant. Chacun continue son chemin. Est-ce qu'au moment de l'âge d'or, nos anciens qui nous l'avaient construit étaient aussi en manque d'une époque antérieure ? Je ne le sais dire vraiment, même si je m'en doute. Le temps de la veuve noire s'était arrêté sur la maison, les pierres de chaque mur, les arbres mêmes et la rivière, alors que son cours bougeait un peu chaque année.
mercredi 31 juillet 2019
Pas de questions pour mister R.
J'essaie d'engager la conversation avec mister R., mais ce n'est pas son truc. Il aime le sexe. Point. C'est tout. Je ne suis pas disponible dans les quinze prochains jours. On patientera et on se reverra à la rentrée. J'ai à peine raconté ma rencontre avec mister R. Un de ces moments exceptionnels comme il m'en arrive de temps en temps. Une fusion exceptionnelle. Et, dès la première étreinte, cette certitude immédiate que je pourrai être passif avec lui. Ce qui fut.
lundi 22 juillet 2019
Glanes #40 c'est l'été
J'avoue, depuis l'année dernière, j'ai envie d'un maillot de bain noir rouge. Ça fait des années que je porte des maillots noirs. Même pire, des shorties noirs. Alors que franchement, il n'y a pas à dire - me disait quand même ma vendeuse d'articles de sport - un beau mec dans un slip de bain, c'est quelque chose.
samedi 20 juillet 2019
Un peu comme dans un film d'Almodovar
Je passais une semaine ibérique professionnelle. Je m'étais un peu isolé pour travailler, une appli en arrière-plan. Une fois n'est pas coutume, la climatisation me protégeait de la chaleur extérieure, pas vraiment caniculaire compte tenu de la latitude, mais bien élevée pour moi. Il n'y avait pas foule sur le réseau, mais ce n'était pas très étonnant, en pleine journée, pour une ville de près de 100.000 habitants. Le gars qui me correspondait le plus n'était pas disponible en journée, alors que moi en soirée, je tournais dans les bars. Je me rencardai avec un gars assez fin avec des lunettes, telles qu'en témoignaient les photos de son profil, qui semblait passer du temps dans des salles de gym. Nous eûmes du mal à trouver le créneau. Mais c'était bon, maintenant, je traçais dans les rues, le soleil m'écrasait contre les parois ombragées, traverser un grand carrefour ou une longue place était un défi. J'arrivai toutefois à gérer le trajet avec une certaine célérité - il m'avait déjà un peu vertement reproché d'être en retard - sans arriver dégoulinant de sueur. J'avais le numéro de l'appartement. Il était directement écrit sur la sonnette de la rue. La porte s'ouvrit, je gagnai le premier étage où je trouvai une porte entrebâillée. Je fus un peu surpris. Il était beaucoup plus costaud que les photos ne l'avaient suggéré. Un visage plus poupin, un corps bien développé. Il n'y avait cependant aucune raison de repartir en courant. Des boucles courtes très brunes encadraient son visage souriant, au regard complice. ¿Como estas?
samedi 13 juillet 2019
Le premier pas
Je me demandais ce matin, qui a posé le premier pas sur ma lune.
Je te parle bien de cet endroit où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied.
Qui a fait ce premier pas ?
Un pied posé avec délicatesse.
Pio, peut-être?
Je te parle bien de cet endroit où la main de l'homme n'avait jamais mis le pied.
Qui a fait ce premier pas ?
Un pied posé avec délicatesse.
Pio, peut-être?
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