« En règle générale, les hommes se soignent moins bien que les femmes, en particulier quand il s'agit de santé mentale. C'est d'ailleurs le seul sujet sur lequel les stéréotypes de genre jouent en défaveur des hommes. Statistiquement, les hommes consultent moins de psychologues et sont plus concernés par un certain nombre d'addictions, dont l'alcool. »
Pareil pour le suicide. Si les hommes meurent plus de suicide que les femmes, c’est notamment parce qu’ils n’ont pas parlé et qu’ils se ratent moins.
« Statistiquement, il y a plus d'hommes qui meurent par suicide. En revanche, il y a plus de tentatives de suicide chez les jeunes femmes, par rapport aux hommes. Cela s'explique parce que les hommes utilisent des moyens plus létaux. De plus, ils laissent les problèmes évoluer plus longtemps et s'aggraver. Les femmes ont tendance à avoir recours à de l'aide professionnelle, sociale, médicale ou psychologique, alors que les hommes, bien souvent, vont prendre en compte le problème tard, voire trop tard. Pour résumer, ce n'est pas que les femmes soient moins concernées par la question, c'est qu'en général, elles ont recours aux soins et aux aides suffisamment tôt, ce qui fait qu'elles meurent moins de suicides que les hommes. »
Les raisons de tout cela semblent profondément genrées, car mon gars tu ne parles pas assez de toi ou plutôt de ton moi intime car bien évidemment tu racontes beaucoup mais sur des sujets moins profonds comme le sport, entre autres.
« L'une des raisons qui peut expliquer cela, c'est le rapport à l'intime. Dans les représentations genrées du masculin, parler spontanément de son intimité n'est pas valorisant. En fait, les hommes n'ont pas forcément du mal à demander de l'aide, mais ils ne vont pas en solliciter auprès d'une personne qu'ils ne connaissent pas, comme un soignant par exemple. L'exemple qui illustre bien cette situation, c'est celui d'un homme et une femme dans une voiture qui cherchent leur chemin parce que leur GPS ne fonctionne pas. La femme va beaucoup plus spontanément demander son chemin qu'un homme. C'est bête, mais c'est encore comme ça que ça fonctionne. »
Sur ce point, si le sujet n'était pas aussi sérieux, je relativiserai un peu, personnellement je n'ai aucun problème à demander mon chemin à un être vivant plutôt qu'à une intelligence artificielle. Pour finir, mon Movember n’aura pas fait d’effet à grand monde mais à côté de ça je ne perds jamais une occasion de dire que j’ai consulté pour m’en sortir ou de parler de mon suivi médical.
L’interview complète de Vincent Lapierre, psychologue et directeur du Centre prévention du suicide de Paris (2003), dont j’ai tiré quelques extraits, est sur le site de France Info.
Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, il existe des services d'écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D'autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Orpheus
RépondreSupprimerCe qui m’effraie le plus est qu’indépendamment de la question de genre, j’ai l’impression que l’époque donne à chacun de plus en plus de raison de vouloir en finir…
RépondreSupprimerC’est en tous cas devenu de plus en plus difficile d’obtenir un rendez-vous rapide en psychologie…
Supprimer